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mercredi 31 mars 2004

Robert Merle est mort

 


Robert Merle, auteur de Fortune de France et de La mort est mon métier, s'est éteint ce week-end à l'âge de 95 ans.


Fortune de France, saga de la Renaissance, et son héros, Pierre de Siorac, ont illuminé mon adolescence. La langue fleurie et enjouée (poutouner, accorte, vertugadins, virevoltant) de Robert Merle, son talent pour faire vivre des personnages dans un contexte historique très réaliste (Henri II, Henri III, Henri IV) m'ont enchantés - à tel point que Pierre de Siorac a été mon premier amour de papier - Fabrice del Dongo sera le second -


Je n'ai pas voulu terminer la lecture du 6ème tome de la saga, le dernier que j'avais, pour ne pas quitter les personnages... Ces aventures et cette langue m'ont donc laissé une impression de trop peu.


D'autres tomes sont parus depuis, j'en ai lu un quelques années plus tard, mais le charme s'était émoussé et je ne suis plus retombée dans les bras de Pierre.


Peut-être est-ce parce qu'alors, j'avais aimé quelques garçons en chair et en os.


 



(Gérard Philippe dans la Chartreuse de Parme, un film de Christian Jacque)


 

Et le lendemain, dans les journaux..


 


"Coup de balais", "curée", "l'ampleur de la défaite", "l'heure des remises en causes", ...


"Victoire étourdissante", "immense espérance"...


22 avril 2002, 29 mars 2004 : les mots sont les mêmes, seules les victimes ont changé de camp (revue de presse de Jean-Louis Ezine, ce matin sur France Culture)


La photo je l'ai trouvée bien-sûr..


 


(oups je n'ai pas résisté à la tentation de la reposter une 14ème fois... c'est devenu mon sport national..)

Envie d'origami

 


envie de cygnes qui se balancent le long d'une ficelle
envie de faire naître une jungle à partir de carrés multicolores
envie d'entendre les cris émerveillés de Chimène encore un noiseau Maman et un pingouin


.. ça tombe bien, j'ai trouvé ce site-là..  


(Merci Mediatic..)

mardi 30 mars 2004

Vu de dos

 


Vu de dos sur le trottoir inhospitalier
Un caban, des cheveux coupés courts
Frisson déçu


Dis, quand reviendras-tu ?

Dans les carambolages

 



 


Entendu hier soir sur Fip, la radio où les speakerines ont la voix suaves : "Les auto-tamponneuses se rentrent dedans et rebondissent, mais quand les voitures normales se rentrent dedans ça fait des accidents... Le périph intérieur est bouché de la porte des Lilas à la porte d'Orléans..."

Ces choses qui nous feraient rire si elles arrivaient à quelqu'un d'autre

 


... marcher dans une crotte de chien - quand ma mère était à l'hôpital après son accident de moto, sa voisine de lit enfin de chambre lui racontait toutes ses misères, et notamment la raison de sa présence à l'hosto : elle avait glissé dans une crotte de chien et s'était cassé plein d'os.. pour ma mère c'était un problème de nous raconter cette histoire, car elle avait les côtes cassées et pas le droit de rire..


... s'étaler dans du vomis - 4 ans plus tard, en rentrant du bureau, Maman a marché dans une flaque de vomis et s'est cassé l'épaule..


... se prendre un méchant rateau - alors ça c'est à moi que c'est arrivé et pas qu'une fois, mais le dernier en date c'était il y a un mois, j'avais pas osé prévenir l'éditeur Dunod qu'on allait signer chez un autre éditeur, la nana me rappelle et me demande pourquoi je n'ai toujours pas envoyé le manuscrit, grosse bafouille d'excuse, elle n'a pas l'air trop fâchée et me dit votre livre d'il y a un an, j'aimerais bien le rééditer.. Moi un peu étonnée mais trop fière je rebosse dessus comme une malade, renvoie un projet, et là elle me dit que finalement ce livre ne s'est pas bien vendu, donc non ils ne le rééditeront pas....


... Une de mes copines, est pigiste dans un féminin et régulièrement elle fait appel à la bande pour des « microtrottoirs », des trucs où chacun raconte sa petite histoire sur un sujet. La dernière fois, il fallait raconter ses premières règles, c’est un sujet que j’aime bien car ça a été toute une histoire donc je l’appelle et lui dis : « Moi, moi, je veux témoigner », je lui raconte mon truc, elle a l’air un peu déçue, apparemment ça n’avait rien d’extraordinaire… « Tant pis, je broderai. Et comme métier, on met quoi ? » « Tu n’as qu’à écrire : Christie, écrivain. »


Deux mois plus tard, je reçois un mail : « Alors, alors, tu l’as lu mon article ? » Je fonce acheter le magazine et là… Je lis, sous le nom Christie, écrivain, une histoire de fille qui a pris la pillule à 14 ans, rédigé dans un style avec des hi hi hi partout, pas moi du tout. Ca m’a fait tout drôle, et en même temps je me suis dit : « Ca t’apprendra à faire la maline. »


 


Au bout de quelques jours la dite copine me relance par mail : « Alors, alors, ça t’a fait marrer ? » « Heu.. moyen, je ne me suis pas reconnue. » Et là, elle m’a balancé : « Mais tu le savais que ce n’était pas sérieux, puisqu’on avait mis que tu étais écrivain. »





Pan dans les dents..


 


lundi 29 mars 2004

Pétales

 



 


Chimène venait de naître.


Que faire de nos dimanches avec ce petit paquet vagissant qui n'aime pas la fumée, ne se déplace pas sans 3 tonnes de matos, on se sent loin loin loin de nos potes célibs qui font toujours la fête et changent de copains/copines quand ils peuvent, tandis que nous scotchés on se relaye pour les biberons. Gueules de cadavres, envie de revenir en arrière.


L'un de ces dimanches d'avril, Nico est allé au hamam de la Mosquée de Paris et moi, je suis partie nous ballader dans le Jardin des Plantes. Errance solitaire avec mon petit paquet dans son grand landau bleu marine. 


Je suis assise sur un banc, je regarde autour de moi, et je vois cette femme à l'allure japonaise qui s'accroupit devant un tas de pétales roses. Elle en ramasse une poignée puis, les mains en coupelles, souffle dans les pétales pour les faire s'envoler. Ce geste fait la grande joie de son petit garçon, et elle entreprend de le lui enseigner. S'ensuit un balai de pétales dans le vent.


Depuis j'essaye de ne pas oublier de rendre chaque journée poétique - inutile de vous dire que ça foire..


 


 


 

Sue perdue dans Manhattan

 



 


Vous l'avez vu, ce film ?


Je suis tombée sous le coup de la grâce d'Anna Thomson. Femme somptueuse aux pommettes émouvantes qui erre dans Manhattan à la recherche de.. ben on ne sait pas bien.


Un job, des amis, du sexe ?


Elle trouve surtout des instants de tendresse, avec des gens rencontrés par hasard sur un banc, dans les cafés, au lavomatic.  


Ce film je crois qu'il ne se raconte pas, j'ai quand même envie de crier au monde entier allez le voir !


 


Anna Thomson

dimanche 28 mars 2004

Je me demande

 


Sans vouloir lui donner trop d'importance, cette histoire de pastiche, outre son aspect agressif et inhibant, a le mérite de faire réfléchir.


Je me demande si dire je lorsqu'on écrit, c'est être narcissique et sans talent.


Je me demande ce que c'est, un véritable écrivain.


Je me demande où est le mal d'avoir une ambition, et de l'afficher.


 



 


Je me demande et bien sûr, j'ai un début de réponse à ces questions..


 


Mais je me demande ce que vous en pensez, vous..


(ça vous fait peut-être chier, toutes ces questions..)


 

Louisa-Alma

 


5 jours de randonnée en Corse : de la mer à la mer, nous avons traversé l'île dans sa largeur, de Porto Vecchio à Bonifaccio.


Gourde à la main, chanson en boucle dans la tête Laziza je te veux si tu veux de mouaaah, danse avec moi danse avec moi il n'y a pas de loi contre çaaaha.. Parfois l'air s'échappe au travers de mes lèvres en un filet de voix.


Sous les chataigners qui laissent échapper des éclaboussures de lumières, je marche la dernière, le plus lentement.


Dos plié, pieds ampoulés, genoux enflés.


Pauses dans les ruisseaux, on se jette à plat ventre dans l'eau glacée, il n'y a que Seb qui refuse de se baigner - j'aime pas l'eau, et moi j'écorche mon nouveau maillot de bain sur les rochers.


Au soir arrivée dans le village aperçu de loin. Quenza dont les maisons au toit rouge se mèlent aux flans des Aiguilles de Bavela.


On enlève les chaussures, les chaussettes, vite une douche. On retrouve les copains de fortune qu'on croise à chaque gite - Lovy et Dovy qui partent à 7 h du matin, font 10 minutes de pause à 11h, arrivent au gite à 15 h pour laver leurs chaussettes et faire l'amour ; Laurent et Pascale, qui partent en même temps que nous, font des pauses fréquentes pour soulager les ampoules de Pascale, et nous font bien rire.


Après des lasagnes au bruccio, on se couche tôt dans nos lits superposés..


C'est cette nuit-là que je fais mon rêve. Un rêve en noir et blanc, dans mes bras, un bébé de quelques mois, une petite fille aux grands yeux calmes qui regardent autour d'elle. Devant nous, rien que des femmes : Anne ma mère, Anne ma belle-mère, Thérèse ma grand-mère, Thérèse ma belle-grand-mère... Les mères de ma vie portent toutes le même prénom.


Mon enfant s'appelle Louisa-Alma et absorbe toutes ces femmes dans son regard.


 


C'est cet enfant que je porte depuis.


 


 

Ma Photo

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