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Décembre : il a neigé !















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vendredi 30 juillet 2004

chapi chapo

de_dosAyé on se prépare à rejoindre les montagnes, les vaches, les marmottes et ma mère
- d'abord, les colonnes de voitures qui roulent, enfin, aimeraient rouler plus vite vers le Sud.

Ayé, y'a des papiers partout, des chaussures partout (4 paires, c'est trop ?), des livres partout (10 pavés, j'abuse ?), des t-shirt partout (faut bien avoir le choix non ?).. Où ai-je mis mes lunettes de soleil ? t'as pris du gel douche ? merde, faut qu'j'aille racheter des couches..

Ayé, l'énergie est revenue, c'est chouette de partir en vacances !

Gros bisous alors, porta se bien... après avoir confié en tremblant ma grand-mère à la Providence, mon vélo à son gros cadenas en U et mes plantes à la gardienne remplaçante, je vous confie, à vous qui passez, maviesansmoi pendant notre petit périple en France.

grosse fatigue

loupAlors que ma vie est si heureuse, en ce moment - amitiés régénérées, rencontres émerveillantes, projets de boulot, moments chouettes avec mes amours... J'éprouve en dedans une grosse fatigue. L'envie de me coucher et dormir longtemps, longtemps.

Ca va me faire du bien, ces vacances - l'occasion de réconcilier la vie extérieure et la vie intérieure.


Comme seuls projets, ceux de passer du temps avec Chimène, avec Nico, avec les femmes de ma famille - ah ces discussions à bâtons rompus dans la cuisine avec ma mère ou ma belle-mère... Projet de lire des gros livres, projet de m'accroupir devant des fleurs roses, des ruisseaux, des oursins ; projet de prendre plein de photos ensoleillées, de commencer à tenir ce gros cahier avec Nico. Projet de déplier mon corps dans la mer, me faire liane..

Chasser la nuée de fébrilité,
devenir (presque) lisse.

jeudi 29 juillet 2004

la petite annonce

sur_les_yeuxHou lou lou ce qu'il est confortable mon blogounet ! J'y souis comme dans des pantouffles ultra douces, ou des tongs ultra lisses, ou des baskets ultra usées.
Je peux dire ce qui me chante, dans le format que je veux.. s'il y a une ou deux petites fautes d'orthographe, d'accent, de je ne sais pas quoi, vous vous foutez de ma gueule et je peux corriger tout de suite, en rougissant mais vous ne le voyez pas ; s'il y a un mot en trop, je peux l'effacer après publication.. et puis j'ai toute la place pour m'étendre, et "le message" peut être porté par des photos...

Bref.
Je suis en train de souffrir grave en ce moment : fô que je rédige une petite annonce pour Libeye, et chaque mot coûte le prix du caviar (et encore, Libé c'est pas le Figaro) (ben non, c'est sûr).

Heu non, je ne me cherche pas un nouvel amoureux, c'est pour le boulot...
Je pèse mes mots, ça me change (pas tant que ça, j'exagère, ce qui me change c'est vraiment le rationnement).


C'est toujours un peu le stress avant les vacances, on veut tout boucler, ne rien oublier, tout laisser rangé, voir les uns et les autres, et puis que ce ne soit pas bâclé.. On n'y arrive jamais.. J'aime cette agitation.


Mais qu'est-ce que je fous là en train de bloguer ??

mercredi 28 juillet 2004

(parenthèse)

danseVendredi, là, dans deux jours, nous partons en vacances pour 23 jours.

Dans deux jours, la saison 1 de mon blogounet va s'achever...


Eh ben je vais vous dire, même si c'est librement consenti, ça me fait drôle ; j'y investis tellement, dans ce journal, que le laisser en friche, j'ai peur de me sentir un peu vide.
Je serai comment à mon retour ? et vous, vous en serez où ? vous serez où ? vous reviendrez ?
Et, et, est-ce que j'aurai toujours envie de revenir écrire LA ?


Mais bon, parfois, faut prendre des risques (hi hi c'est bien la première fois que congés payé rimera avec risqué - remarquez, quand je prends des congès chui pas tellement payée..)


Et à vrai dire je regorge de travail et d'idées de notes futilissimes pour les jours qui viennent, ça changera du début de la semaine où je me trouvais un peu glauque quand même..

las

chapeau_roseles paumes moites, des grains de sable dans la bouche
je traine mes jambes molles
jusqu'à la fontaine

beau travail

beau_travailUn homme se souvient ; l'ex-adjudant Galoup, ange déchu revenu en France, lui pour qui la Légion, c'est fini, évoque en un rêve éveillé les évènements qui ont provoqué sa chute ; il se regarde s'approcher du précipice dans lequel il va lui-même tomber, sans appel.

Les légionnaires à Djibouti ; ces hommes au corps entraîné, sculpté, dont on ne sait presque rien si ce n'est leur langue d'origine, leur religion pour certains (c'est le ramadan ; ô l'amertûme de cette privation de nourriture et de boisson en plein cagnard, alors que tous les autres se nourrissent et se désaltèrent..) ; étrangeté de leur présence dans ce désert au bord de la mer, qui ressemblent presque à des vacances. Sensualité, proximité, complicité. Tous accomplissent les mêmes exercices avec leur propre style.

Bruno Forestier, le chef chaleureux, lui même ange déchu d'un autre enfer ; Galoup, sous chef au corps d'avorton, au visage balafré ; Gilles Sentain, la nouvelle recrue "au corps trop mince, qui ne devrait pas être là." Gilles qui s'attire toutes les sympathies, dont celle du chef.
Galoup est jaloux. Galoup cherche à le perdre. Et c'est lui qu'il perdra.

La guerre et la danse ; le décalage de ces hommes si virils accomplissant des gestes de femmes - repasser, cuisiner, étendre les slips, les chaussettes, les maillots, tout kaki. La solidarité et la trahison. La lâcheté du grand chef qui n'intervient jamais pour séparer ces hommes qui s'affrontent. La fièvre.

En peu de mots, en 90 minutes d'images mi-réelles, mi-oniriques, Claire Denis touche encore une fois notre magma enfoui, le terreau le plus tellurique.

mardi 27 juillet 2004

appel

belle20ile202Ma mère avait un frère qui est né, comme moi, le 4 novembre.

Lorsque mon grand-père a été muté comme attaché militaire en Thaïlande, cet oncle a rencontré une femme thaïe et l'a épousée. Ils sont revenus en France et ont eu mon cousin, enigmatique et drôle, dont j'ai été amoureuse en secret pendant pas mal d'années (parallèlement à d'autres garçons de ma classe, j'avais alors un vrai coeur d'artichaud !)

Et puis un jour, mon oncle et sa famille sont repartis vivre en Thaïlande.

Peu de temps après, de retour en France pour les vacances, il est tombé malade.

Puis il est mort ; j'avais 9 ans, et à ma question De quelle maladie il est mort ? Maman m'a répondu De dépression nerveuse.

Quelques mois plus tard, mes grands-parents nous avaient pris pour les vacances à Belle-île et avec ma cousine Raph', celle qui a mon âge, enfin, 9 mois de plus que moi, ça a été une honey moon de cousines. On a déconné comme jamais, piqué des chocolats dans l'énorme boîte des grands-parents, fait nos premières crèpes que mon grand-père a décrété inmangeables mais qui nous ont régalées..
Et puis un jour de temps mitigé, nous nous baladions sur la lande au dessus de Port Coton, on n'a pas trop le droit de marcher sur les rochers en granit friable, nous nous étions un peu éloignés des grands-parents, le vent me grisait et j'ai crié à Rapha Je vais sauter !!
Son visage s'est assombri.
T'inquiète pas, je plaisantais !
...
Ben quoi, qu'est-ce que tu as ?
.. Tu te rends compte de ce que tu es en train de me dire ?
..
.. Tu ne sais pas comment il est mort ?
Ben si, de dépression nerveuse..
Mais t'es cruche ou quoi ? ça ne fait pas mourir, une dépression nerveuse.. Il a sauté du 31ème étage de son immeuble.

(la photo vient de )

[J'en ai longtemps voulu à ma mère de m'avoir menti ; et puis, en grandissant, je ne pense plus que c'est un mensonge. D'autant plus que mon cousin enigmatique est mort 13 ans plus tard de la même maladie. ]

lundi 26 juillet 2004

sudor

tsirt_petit_bateauun vent aigre se cogne dans mon nez
- d'où elle vient donc cette odeur de ranci ?
pouah mais c'est mon t-shirt !

[pour dormir en ce moment je porte un t-shirt Energies Démocrates ; la semaine dernière, c'était un t-shirt Mageos et celle d'avant, un des t-shirts de notre promo... vestiges de nos aventures, on les achète pour s'intégrer à la bande, on les met une fois dans la journée et l'aventure terminée, on les relègue vite fait bien fait dans le tiroir des pyjamas

mais je suis contente de les avoir gardés.]

dans l'ascenceur

CHARLIE_AND_GREAT_GLASSPourquoi les éclairages de toutes les maisons du monde sont-ils rarement aussi performants que les lumières d'ascenceurs ?

Celui qui me conduit à mon 3ème étage est muni de pleins de spots et d'un grand miroir, qui me permettent de souffrir précisément au spectacle des points noirs sur ma peau et des trop nombreux poils noirs entre les deux sourcils.
Le miroir de l'ascenceur a le pouvoir d'accentuer les tendances ; les jours où je suis moche, je m'y trouve remoche, et les jours où ça va, je m'y trouve re-belle.
Quand je me regarde dans ce miroir-là, je crie un énorme Beurk intérieur, ou un waouh.
Quoiqu'il en soit, les quelques secondes que met l'ascenceur pour monter ou descendre ne me suffisent jamais pour m'admirer, constater les dégâts ou exploser d'un ongle rageur telle imperfection.

Et toujours, j'ai peur de me faire cueillir par un voisin qui me surprendrait en train de

Et parfois je rêve d'habiter au 7ème étage pour avoir le temps de tout bien inspecter
[on ne s'autorise pas souvent à faire des tours d'ascenceurs pour rien, ni à explorer des étages où on n'habite pas : frontières implicites à l'intérieur de son propre immeuble, à l'intérieur de tout lieu Je peux vous aider ? il faut y avoir quelque chose à faire.]

D'autres fois, je rêve de passer la journée dans l'ascenceur, mais je serais invisible et pourrais observer tout ce que font les gens (et savoir notamment s'ils ont les mêmes occupations que moi)
comme ça je saurais enfin qui dépose ces prospectus nous incitant à rejoindre le club des contribuables en colère.

samedi 24 juillet 2004

hou hou

bonne_familleAu fait, vous savez pourquoi j'ai commencé à écrire ?

Enfant, je racontais tout à ma mère.
Tout mais tout - ce que j'avais mangé à la cantine, mes engeulades avec ma copine Charlotte, le sujet de la rédaction et la lecture exhaustive de mon texte.. Un jour, j'ai remarqué, ô trahison, des signes de lassitude du côté de l'oreille maternelle. J'ai été un peu triste de me rendre compte que je la soulais, mais comme j'avais toujours autant besoin de porter mon intérieur à l'extérieur, j'ai commencé à mettre le trop plein, tout ce que je ne pouvais pas dire faute d'espace, dans un cahier. J'avais 8 ans.
Le cahier a vite été détourné pour y développer tout ce que je ne pouvais pas dire faute de convenance.
Bref, ça m'a bien été et j'ai continué.


Les cahiers m'ont emmenée aux ateliers d'écriture, à Plume de vie, à maviesansmoi..


Et beaucoup des mots que je dis tombent toujours dans des précipices. Tous ces messages auxquels personne ne répond, ces textes que personne ne lit.


Ironie que ce soient les statistiques qui me rassurent. Et j'aimerais que ceux qui passent ici à croupetons soient plus nombreux à laisser une trace.


Toujours j'éprouverai de la gratitude pour celui qui me fait l'amitié de m'écouter et de me lire. Qui consacre quelques minutes de son temps de vie pour s'arrêter en moi.

Ma Photo

décembre 2008

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