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Décembre : il a neigé !















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dimanche 26 décembre 2004

Morocco

Homme_au_bonnetUne tite semaine away from maviesansmoi ; on part tous les 3 à Marrakech, rejoindre nos copains-copines pour le réveillon, emplir nos yeux de parfums d'ailleurs, se gorger de thés à la menthe

On emmène un cahier orange et l'appareil photo, l'envie d'emmagasiner des images et des visages, l'envie de massages et d'odeurs poivrées, l'envie de papotis entre femmes, de lectures acides - je me régale toujours avec Boulgakov - et de délices d'enfants qui jouent dans la lumière (Chimène va retrouver Guilhem, son petit amoureux !)

Babayou.. A mardi 4 ! et d'ici là, bonéné..

samedi 25 décembre 2004

le cadeau des frères et soeurs

La_bcheJ'augurais bien de ces fêtes de Noyel, mais comme dit ma copine Claire, Noyel dans ma famille ça tourne souvent à Règlement de comptes à OK Corral. Famille, vous avez remarqué, si on enlève le "m" ça dit faille.

Cette année on a celebré ça de mon côté, de mes deux côtés, jeudi chez ma grand-mère maternelle et vendredi chez ma grand-mère paternelle (où sont les hommes ? trop fatigués ils s'enlovent avant nous).

Du côté de ma mère, ils sont une tripotée de frères et soeurs. Tous ne viennent pas au Noël de Grand-maman et ceux qui sont là amènent, outre des cadeaux pour leurs filleuls (mon frère et moi, petits parias, ne sommes les filleuls de personne de ce côté-là, du coup depuis toujours quand mes cousins ouvrent leurs gros paquets nous avons un livre qu'on ne lira pas, un chèque et basta)... le cadeau des frères et soeurs.

Le principe : on met les cadeaux sur le tapis au centre du salon et un enfant pas trop petit pas trop grand designe A qui va celui-là. Le tirage au sort est un moment que je ne loupe jamais.

Le premier cadeau était pour Marie-Françoise la travailleuse de l'ombre ; le deuxième pour Michel le jardinier Eh c'est le mien que tu m'as donné.. Marie-Françoise qu'avait pas moufté Heu on peut échanger si tu veux j'ai eu le mien moi aussi.. Chantal la soeur aînée hérite du cadeau qu'a amené ma mère, une bouteille de Porto (ramenée par sa femme de ménage) et 6 couteaux Laguiole qu'elle a eu je ne sais pas où. Grimace de Chantal quand elle comprend qu'elle a le cadeau de ma mère ; elle l'ouvre Ah des couteaux ça porte malheur ça casse l'amitié.. Sympa (de toutes façons elles passaient déjà beaucoup de temps à se disputer avant).

Maman la n°7 de la famille tombe sur le cadeau fait par Xavier le n°8, elle a en main un objet carré fait en espèce de tatami, elle le tourne et le retourne pendant une bonne minute en souriant d'un air Hmm c'est sûrement un chouette cadeau (perplexe et gêné), avant que Xavier ne lui précise que c'était un repose théière en fonte. Ouf, elle en a une.

Heureusement, Navarat, la femme de mon oncle qui s'est suicidé et la mère de mon cousin qui s'est suicidé, est venue cet année de Thaïlande et nous a ramené à tous des cadeaux qui nous ont fait très plaisir (pour moi, des taies de coussin en très belle soie rose, j'adeure).

jeudi 23 décembre 2004

choses pour lesquelles on ne me fait pas confiance

Reflets_keupeul*personne ne m'a jamais demandé, adolescente, de venir baby-sitter ses enfants (en revanche des parents ont beaucoup sollicité la bonne élève en moi pour donner des petits cours aux "mauvais élèves" ; et j'ai été cheftaine de louvettes pendant 3 ans ; et aujourd'hui, je garde de temps en temps les enfants de mes amies, de ma belle-soeur)

*personne ne m'a jamais demandé d'être la marraine de son enfant, ce qui me frustre un peu car j'aime cette relation de parent-bis, parent-relais..

*personne ne m'a jamais confié de poste de manager et parfois je regrette de ne pas être prise dans cet entrelacs de relations hiérarchiques (en revanche mes clients me confient certaines de leurs pensées les plus intimes et le rêve d'écrire et publier leur livre)

* à part ça, les gens qui me demandent de leur indiquer leur chemin risquent de se retrouver encore plus perdus qu'ils n'étaient ; et puis quelle idée de se déplacer sans plan de Paris ?

* ajout de dernière minute : on ne me fait pas trop confiance pour garder un secret et avec raison, c'est la chose la plus dure pour moi ! si ce que vous voulez me dire doit être absolument secret secret alors je pourrai tenir ma langue, mais ouille ouille ouille.. avec quels efforts. Mon dernier client m'a demandé de ne citer son nom à personne (à part Nico qui sait tout et qui sait surtout tenir sa langue), il m'a même fait signer un papier avec ça, ben je peux vous dire que ça m'a stressé pendant des plombes ; en fait, ça va, j'ai pas trop gaffé jusque là.. Le problème d'un secret est qu'il peut surgir d'un moment à l'autre, pif, un instant de relâchement et c'est laché. (En revanche si vous voulez qu'une nouvelle s'ébruite rapidement vous pouvez m'en faire part ! Christie pipelette à votre service..)

vie foetale

Orchids Je suis contente de garder avec tout le monde d'autres sujets de conversation que "le bébé à venir" (à la fin de ma première grossesse, on ne me parlait plus que de ça - c'est dur de voir chez quelqu'un autre chose que ce qui dépasse - je n'en pouvais plus d'être prise pour un ventre !) je suis contente qu'on ait ces projets de voyage, d'avoir autant de travail et que l'éducation de Chimène demande de se creuser de plus en plus la tête (Pourquoi diable fait-elle pipi dans le pot et popo dans sa culotte ? Faut-il prendre la première école maternelle du coin ou en choisir une où elle apprendra l'anglais, par exemple ?) je suis contente de garder cette vie protéïforme car les échanges sur le bébé à venir avec le commun des mortels se résume à la question

fille ou garçon ?

(puis lorsqu'il sera né on me demandera combien il pesait à la naissance et combien il mesurait et j'aurai l'air d'une mère indigne car je n'en saurai rien, c'est le genre d'informations dont je me fiche et que j'oublie dès qu'on me les a données.)

Fille ou garçon, c'est important et je m'en fiche aussi, pour le moment je ne veux pas le savoir ni Nicolas. Nous resistons à poser la question au bel echographe car nous aimons à imaginer la géographie de notre famille et la remodeler selon que ce sera un garçon ou une fille ; j'aime à imaginer ce petit être déjà sexué et pour moi hermaphrodite, tantôt garçon, tantôt fille. A me réciter tout bas des chapelets de prénoms que je soumettrai le soir, peut-être, à Nicolas afin de nourrir nos débats infinis.

9 mois pour rêver d'un ange abrité dans ma chair, et toute ma vie avec un garçon ou une fille, un homme ou une femme, tantôt près, tantôt loin de moi. Et tous ces Noëls que nous passerons ensemble !

Quel merveilleux programme.

[Bon je ne suis pas dupe, dans ce refus de savoir le sexe de l'enfant avant sa naissance entre aussi un reflexe lié à nos éducations.. ]

mercredi 22 décembre 2004

t'as grossi !

MetrofaceToujours à ce fameux dîner de filles. J'arrive un peu en retard, enlève mon manteau.. et me fais accueillir par un monumental Ouahou ! tu as grossi !

Celle qui m'a balancé ça s'est fait recevoir fraichement. Vous diriez à une copine, vous, qu'elle est grosse ?

Quoi je suis enceinte ?

Deux jours avant, autre dîner, je demande à mon hôte de me servir un fond de vin.. Regard offusqué, Tu es sûre que tu devrais ? me demande le type que je connais à peine.

Quoi je suis enceinte ? ça fait de moi un enfant qui ne pèse pas le pour et le contre, qui ne lit pas les journaux, ça fait de moi une personne incapable d'évaluer où se situe la frontière entre le danger et le petit plaisir indispensable pour soi ?

Enceinte, pour ne pas vivre comme une mamie, pour assurer quand même on est obligées de porter le monde sur nos épaules ; je sillonne Paris à vélo avec mon ordinateur portable pour aller chez mes clients, puis dois me grouiller d'aller récupérer Chimène chez sa nounou, en arrivant à la maison faut préparer le dîner, donner a) le dîner b) le bain, alors qu'on est au bord de la sciatique se baisser pour vider a) le pot b) le lave vaisselle c) la machine à laver le linge, et tout ça en étant patiente et en chantant des petites chansons...

C'est la vie riche que j'avais commandé au Père Noël ; en plus j'adore chanter Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ! Mais les mecs, lâchez moi les baskets, arrêtez de m'infantiliser, continuez à me regarder comme une personne, éventuellement laissez moi votre siège dans le métro et faites gaffe à mon vélo lorsque vous filez au volant de votre bolide.. ça ne me dérange pas que vous posiez la main sur mon ventre SI vous me demandez avant, et au lieu de me dire que je suis grosse ça me fera tellement plaisir de vous entendre admirer la manière dont prospère mon petit...

[.. et quand même s'il vous plait, malgré ma taille épaissie et ma suceptibilité accrue, ne me laissez pas tomber !]

mardi 21 décembre 2004

la théorie et la pratique

Pommes_1Hier soir j'étais au dîner de Noyel de mon groupe de copines, les bouquineuses.. club où la part réservée aux discussions sur les livres décroît comme peau de chagrin, personne ne s'en plaint et les discussions agrementées de rires de poufs s'étirent jusqu'à minuit

sujet principal : les mecs (mais pas toujours)

Etant toutes les 9 dans des situations matrimoniales diverses (2 mariées avec enfants, 1 fiancée, 2 vivant avec leur copain sans être mariées, 1 mariée sans enfant, 1 avec un copain, 2 mystèrieuses), nous avons aussi des théories divergentes sur le bonheur et le couple.

Je fais régulièrement la maline en disant que Nicolas ne m'appartient pas et que je n'ai pas de position de principe s'il rencontrait une jeune femme et que leurs rapports allaient un peu plus loin que le simple échange de blagues devant la machine à café.

Hier soir n'a pas fait exception à la règle ; Je suis plus idéaliste, m'a decreté une des jeunes femmes vivant avec son copain, qui pense qu'elle quitterait son homme à la moindre anicroche. Mais non, mon idéal réside simplement ailleurs que dans la stricte fidélité sexuelle, affirmé-je.

Bref vers minuit nous nous sommes séparées joyeusement, en sachant que dans un mois on va se retrouver et aborder de nouveau nos sujets favoris.. Et là, une des mystérieuses, assez bien faite au demeurant, m'a lancé avec un petit sourire Tu diras bonjour à Nico...

Si vous aviez entendu le Pétasse ! que je lui ai grimacé intérieurement !

lundi 20 décembre 2004

décevoir

Rveilje n'ai pas envie de décevoir encore une fois
le lecteur qui passe

je suis triste de décevoir les attentes que certains mettent dans mes tatônnements de mots et qui fondent le jour où ils me rencontrent

je n'en dors plus de décevoir mes clients qui ont aimé ma belle gueule et les livres déjà écrits, et qui soudain me voient toute petite devant l'ampleur du livre à écrire

j'ai mal à porter le regard confiant de ma petite qui me fait plus belle que je ne suis

alors j'écris

[tenue en éveil je marche la nuit dans l'appartement bleu, lumière des réverbères, quelques voitures qui passent, et je m'assieds pour écrire sur le fauteuil près du lit de Chimène, elle se retourne et me voyant croit que c'est déjà le matin, et se lève, attrape son doudou et son biberon, prête à démarrer la journée à 4 h du matin...]

jeudi 16 décembre 2004

ex

Kny_with_fmily_072_3Tous ces amis qu'on ne peut plus inviter ensemble parce qu'ils se sont aimés et ne s'aiment plus

L'un voudrait bien encore, l'autre pas

Ils se sont séparés d'un commun accord et ne supportent pas de se voir uniquement au milieu de tous - on se fait la bise, on échange les platitudes d'usage

Pourquoi je pense à ça, on n'invite plus personne de toutes façons...

[crédit photo Claire-Lise again]

vagues

We_shkv_101_1vagues tendrelettes
lèchent tes doigts de pieds
picotent ta peau
fatigue à la fin de la journée

[trop de trucs à écrire, trop brûlants ; le stress des semaines passées a culminé en crises, crises qui ne font pas tant de vagues mais qui m'aident - me forcent et m'aident - à prendre les décisions qui macéraient depuis un moment ; ces choses dont je me disais "ce serait bien de le faire" et qui s'imposent aujourd'hui

je me sens mieux d'avoir crevé mes soucis]

[Soucis de petite fille. Toujours il me semble que mes problèmes ne sont pas graves, au fond. Même si moi ça me mine

Histoire de la bague de la tirette, devant laquelle je passais tous les jours, j'avais été trouver ma nounou Josiane, j'ai des problèmes d'argent, tu pourrais me prêter 5 francs ?

Elle avait ri puis m'avait proposé un marché : je rangerais ma chambre chaque jeudi, alors elle me donnerait 1 franc à chaque fois que ma chambre serait rangée.

Je ne sais pas si j'ai acheté la bague finalement. ]

[crédit photo Claire-Lise, petite touche de mon amie qui revient dans 3 mois, la beach c'est Sihanoukville]

mercredi 15 décembre 2004

abortion

Foetus_12_semaines En France, 6 grossesses non prévues sur 10 se terminent par un avortement. 200 000 avortements par an. Le même nombre qu'il y a 30 ans.

Le droit d'avorter librement, sans culpabilité, et sans avoir à se justifier, est pour moi un acquis essentiel des femmes.

Et, dans ma 3ème vie, je vais devenir militante.

Militer pour que l'avortement soit la dernière solution envisageable. Militer pour l'information sexuelle des jeunes, et pas seulement les femmes - c'est trop lourd à porter toute seule. Militer pour que cette information soit dispensée à tous, à l'école, et pas juste dans des milieux confidentiels type le planning familial. Qu'on ne puisse pas échapper à la prise de conscience, au dialogue, à la mesure de ses actes. Avoir une capotte dans son sac, c'est pas compliqué, mais je n'ai jamais eu ce réflexe, j'aurais du mal à aller acheter une boîte à la pharmacie en bas de chez moi, à prononcer les mots ; c'est très dur d'en parler pour la première fois dans un rapport intime, à un homme qu'on désire et qu'on désire séduire, si on n'en a jamais parlé avant, de manière à peu près dépassionnée, avec un adulte ou entre jeunes. C'est très compliqué de bien fixer la capotte sur un sexe, dans la hâte d'en finir avec cette formalité, si on ne s'est pas entraîné avant sur un baton.

Pour la pilule, c'est pareil.. Payer 10 € par mois, absorber tous les jours un médoc, ne pas l'oublier.. Au début, on a besoin d'être pris par la main, avant de prendre en charge tout seul notre sexualité et les conséquences qu'elle peut entraîner.

Ce n'est pas vrai qu'à 15 ans on est assez grand pour peser tout ça.

Mon idéal en la matière est la Hollande, où l'avortement est complètement libre et déculpabilisé (bien plus que chez nous, où il reste une tolérance), et où les jeunes gens sont si bien informés et conscients des conséquences de leur sexualité, qu'ils n'ont pas besoin d'avoir recours à l'avortement. Proportionnellement, le nombre d'avortement par femme en âge de procréer est bien inférieur à celui qu'on trouve en France.

On peut avorter jusqu'à 12 semaines. C'est aussi, dans le cas de grossesses désirées, la date de la première échographie, et je peux vous dire que mon foetus portait des traces d'humanité. Dans certains cas, c'est "ton humanité contre la mienne", la venue d'un bébé peut menacer sérieusement la vie d'une personne, d'une famille - mais n'est-elle pas toujours inconfortable ?

Après l'éducation sexuelle répandue et consistante, faite par des adultes formés, il me semble que je militerai pour le courage. L'avortement est un droit inaliénable, et il y a d'autres options. Celle de mettre au monde un enfant non désiré. Eventuellement, de l'élever. Sinon, de le confier à d'autres parents qui, eux, seraient prêts à tout pour avoir un enfant.

Cette partie-là est plus délicate, on risque vite de se faire cataloguer de passionaria, d'intégriste, de manipulateur.. Et ces femmes qui désirent, au fond d'elles, garder leur enfant et qu'on pousse à s'en débarrasser ?

Ne croyez pas que je parle de ce que j'ignore totalement ; chaque femme a, il me semble, une histoire brûlante avec son rapport à la fécondité. Et cependant, cette position que j'ai, je la porte bien fragilement.

Ma Photo

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