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mercredi 31 août 2005

offrir la verveine de mon jardin

Tasse[Ayé, les filles sont couchées - elles dorment toutes les deux dans leur chambre pour la première fois..Nico est à un vernissage de livre, je pourrais faire mes abdos, ou bosser.. Après..]

Je m'émerveille de la culture, dans certaines familles, des femmes qui où qu'elles aillent apportent toujours un petit quelque chose. Ma grand-mère de 87 ans, qui tient à peine sur ses jambes, dont la retraite est mince comme un sandwich sncf, arrive toujours les bras chargés de victuailles plus lourdes qu'elle ; celle de Nico est un peu moins chateau branlant et ça ne l'empêche pas de venir toujours avec de ravissants chandails pour mes filles, qui font l'admiration des boulangères (et mon bonheur, sont vraiment canons, je rêve des mêmes pour moi..)

Ca se transmet de mère en fille : leur filles, à ces femmes (mes tantes, donc), arrivent elles aussi avec un petit cadeau adorable.

Bé moi je ne trouve pas ça si simple d'avoir toujours des cadeaux en stock ; être habitée à ce point par les personnes que je vais retrouver, que j'arrive dans ma besace avec la merveille qui fait plaisir.

La nature est généreuse et m'a donné un balcon bien orienté, où pousse la verveine. Mes amies sont comme moi de grandes tisanières et je suis toute contente, avant de partir les retrouver, de remplir un pot à confitures de quelques feuilles parfumées que j'ai couvées et coupées moi-même. Mis en pot chez le cultivateur, ça en jette non ?

[Allé zou, aux abdos - ce week-end on m'a encore demandé 4 ou 5 fois C'est pour quand ? je suis grosse, je pouasse, j'ai du mal à retrouver le rythme..]

choses qui m'attendent à la maison

EndormiesLes vacances et leur petit rab sont terminées. Restent 3 jours avant la rentrée pour commander les étiquettes thermocollantes marquées Vanbremeersch ; 3 jours pour donner le rythme à Chimène, recruter une babysit', voir mes copines, trouver un écusson Hello Kitty à coller sur son cartable...

Ce qui allège nos pieds lourds, très lourds, ce sont toutes ces choses qu'on avait oubliées et qui nous attendent à la maison

* les tomates qui ont poussé, rougi, hmm ! (l'année prochaine on en fera pousser des jaunes) (peut-être de nouvelles plantations d'automne ?)
* ma vie sans moi est-ce que j'ai de nouvelles idées pour la rentrée ?
* dans la boîte aux lettres, les petits magazines de Chimène... de nouvelles réponses à mes lettres...
* Marcel Proust peut-être, dans lequel je me replonge 10 ans après Du côté de chez Swann (je réattaque Le côté de Guermantes dans son 2ème tiers, après avoir sauté la partie people

Cultiver de nouveau ce jardin qui m'était sorti de la tête pendant un mois et demi où je n'avais rien à décider. Normalement, je devrais repartir avec des forces neuves.. Où sont-elles ?

[Housekeeping.. J'ai confié mon jardin à la concierge remplaçante qui me l'a arrosé tous les jours ; et mon blog, sans qu'on ne vous demande rien vous l'avez tenu bien au chaud pour mon retour ! merci..]

vendredi 26 août 2005

away from my blog

Sourire_coquinLa couche en tissu est saturée de lait.

Etendue sur son tapis de jeu, Alma frétille, agrippée à ce grand carré blanc. Elle a découvert sa bouche et fait toute la journée des Bzzzz avec sa salive. Ça la fait beaucoup rire.

Pendant ce temps, j’essaie de travailler. J’ai appelé mes clients - Coucou, je reprends le travail, j’avais trop hâte ! (ndlr : si vous vous demandez quel est le pourcentage de sincérité, je vous donne un indice, il n’est pas nul) – Ah ben oui, on se disait aussi, 4 mois de congés maternité ça faisait beaucoup !… (ndlr : pour la plupart ce sont des hommes).

Je m’étais promis de ne plus jamais refaire l’erreur des premiers mois de Chimène, travailler avec mon bébé à la maison, et puis on a trouvé une nourrice pour Alma à 5 minutes de chez nous… disponible à partir du 19 septembre. Etendre le congés mat’ ? Pas quand j’ai pris des engagements avec clients et éditeurs de recommencer à travailler le 1er septembre.

Mon petit chat ne se contente pas de regarder mon dos toute la journée. Elle veut des réponses à ses Ahhh et ses Bzzz. Du coup en septembre, je vais aller travailler chez ma grand-mère.

Faut y aller, tout organiser, déplacer, faire des frais… Et surtout, away from Internet, la journée est longuette. Mais tout le monde se sent mieux quand ma fille est en main.

Ma grand-mère va avoir 87 ans le 2 septembre. Il y a 7 ou 8 ans, elle nous a annoncé qu’elle ne recevrait plus chez elle (pour des repas). Elle a tenu un mois. Tous les 6 mois, elle nous explique qu’elle ne verra pas le mois suivant. Elle ne devait pas me voir revenir du Chili (en 97), ni assister à mon mariage (en 2000), ne parlons pas de la naissance de Chimène (2002) ou d’Alma (2005). En lui demandant 10.000 services et la voyant revivre auprès de mes petites, je la retrouve 30 ans en arrière ; j’ai l’impression de gagner un sursis de grand-mère.

Je n’arrive pas à imaginer qu’un jour elle ne soit plus là.

[Chic chic nous partons ce matin à un mariage dans le Gers, rendez-vous mercredi prochain...]

mercredi 24 août 2005

lire Libé à Paris

Chien_bleuChaque lieu porte en lui ses rituels. A Sagone, notre première activité du jour est de nous abîmer dans la lecture de la presse. Les petits déjeuners sont plutôt silencieux, entrecoupés de Ecoute voir et Nico se lance dans la lecture des errata du carnet de Corse matin : "On nous prie d’ajouter que Monsieur et Madame Ange Philippi s’associent aussi au décès de Sauveur Bernardi"… j’imagine le coup de fil indigné de la nièce à sa tante, Tu te rends compte ils ont oublié de mettre Ange et Lina ! Quant à Nico il penche pour l’explication «C'est un code secret entre indépendantistes.»

A peine assise, je fais main basse sur Libération, qui selon moi n’est lisible que le week-end et en vacances, un must (je hais les dimanches).

Et cette semaine leurs séries d’été continuent, le sexe, les interviews mystères, les « qui a écrit quoi ce jour-là », tandis que pour moi l’été est fini.

Je n’émerge plus vers 9 h avec mon bébé dans les bras, posant un baiser sur la joue de mon beau-père, de ma belle-mère, je ne me colle plus contre Nico entre deux portes, je ne chope plus Chimène au vol pour un câlin furtif Tu me colles Maman !, je n’attrape plus la bouilloire dans laquelle l’eau a tiédi.

Le Libé indispensable hier à un réveil harmonieux, on l’achète encore une fois rentrés mais il traîne sur la table du salon, à peine défloré.

Réinventer les nouveaux rituels qui vont avec cette vie qu'on a à Paris.

mardi 23 août 2005

médiation

Nuage_roseA Sagone cette année j'ai fait du yoga sur la plage. Je me suis servie du livre de Maman, qu'elle utilise depuis toujours et notamment qui lui servait pour animer nos séances sur la plage quand j'étais enfant.

Tour à tour feuille, culbuto, chat, tête de vache, bouvier, cigogne, fanfaron, je retrouve la sensation du soleil couchant, encore chaud, de la lumière rase, alors que j'inspire, expire, courbée, penchée, étirée, relachée. Je réapprivoise mon corps et gagne chaque jour quelques millimètres de souplesse (malheureusement mes abdos sont restés très souples aussi).

Je prends le flambeau de ma mère, elle-même le tenait de son Tonton Raymond qui infligeait à ses neveux enchantés des séances de gym quotidiennes au bord de la rivière.

Chimène met sa serviette à côté de la mienne. Elle s'enroule comme je fais, m'envoie plein de sable au passage, retourne jouer au bout de 5 minutes. Nicolas sort de l'eau, plaque sa main glacée dans mon dos, je lui cours après furieuse et déconcentrée. Les voisins de serviette se marrent sous cape.

Et moi très fière j'arrive à tenir 2 minutes perchée comme une cigogne.

lundi 22 août 2005

correspondances (2)

Gentil_la_finLes lettres, maisons de papiers qui donnent chair à l'impalpable ; maisons entre deux âmes qui volètent l'une vers l'autre.

Et ensuite, une fois écrite, envoyée, lue ? Il y a celles qu'on finit par jeter car après tout l'envoyeur... ; et il y a celles qu'on garde, reliques de ce qui fut et qui n'est plus, et qu'on aurait bien fait de jeter.

[J'ai écrit avec Chimène des lettres à ses amis, enfants de mes amies. Sa première phrase, à chacun : Je t'aime. Après je devais un peu lui tirer les vers du nez..]

[Elle dessinait pour eux et j'ajoutais la légende au dessin, "dragon crachant des flammes, méchant au début et gentil à la fin".]

[Chimène que nous avons laissée en Corse, moi les larmes au bord des yeux, elle aussi d'ailleurs parce que sa cousine lui avait piqué son rateau.. Mais t'inquiète pas Maman, je te téléphonerai !]

dimanche 21 août 2005

correspondances

Shoe

Dans nos bagages, nous avons aussi ramené quelques lettres. Après avoir feuilleté à la Fnac les lettres écrites par Guillaume Apollinaire à cette jeune femme rencontrée dans un train, m'a mordue la nostalgie de ces échanges d'été ; une écriture, une encre, un papier, des dessins, un timbre, l'horaire de la levée, Vous me la mettrez dans la boîte en allant faire les courses ? Il y a quelque chose pour moi aujourd'hui ?

Adolescente je dormais avec certaines lettres de mes amoureux et j'écrivais des tartines à mes copines. Tout le monde a fait ça, j'imagine ?

Cet été, séparée de mon amoureux pendant 15 jours, j'ai essayé de lui écrire presque chaque nuit. D'habitude on n'a pas grand chose à se dire au téléphone, je l'appelle quand il vient de rentrer en réunion, ou lui au milieu d'une engueulade avec ma mère... et cette année, je me réfrenais Faut pas que je lui raconte ça parce que je le mets dans la lettre... Du coup on a papoté comme deux vieilles pies.

Du coup dans la lancée, sans blog, sans cahier (en manque d'écriture peut-être ?) j'ai aussi écrit à mes copines etc., et elles m'ont répondu, certaines, ou devancé. Ces retrouvailles épistolaires m'ont rajeunie de 10 ans ; pas inutile, l'année où on découvre ses premiers cheveux blancs.

ROXANE, (debout près de lui)
Chacun de nous a sa blessure j'ai la mienne.
Toujours vive, elle est la, cette blessure ancienne,
(Elle met la main sur sa poitrine)
Elle est là, sous la lettre au papier jaunissant
Où l'on peut voir encor des larmes et du sang!


Le crépuscule commence à venir.

CYRANO
Sa lettre!. . .N'aviez-vous pas dit qu'un jour, peut-être,
Vous me la feriez lire?

ROXANE
Ah! vous voulez?. . .Sa lettre?

CYRANO
Oui. . . Je veux. . . Aujourd'hui. . .

ROXANE, (lui donnant le sachet pendu a son cou)
Tenez!

CYRANO, (le prenant)
Je peux ouvrir?

ROXANE
Ouvrez. . .lisez!. . .

Elle revient à son métier, le replie, range ses laines.

CYRANO, (lisant)
'Roxane, adieu, je vais mourir!. . .'

ROXANE, (s'arrêtant, étonnée)
Tout haut?

CYRANO, (lisant)
'C'est pour ce soir, je crois, ma bien-aimée!
J'ai l'âme lourde encor d'amour inexprimé,
Et je meurs! jamais plus, jamais mes yeux grises,
Mes regards dont c'était. . .'

ROXANE 

Comment vous la lisez,
Sa lettre!

CYRANO, (continuant)
'. . .dont c'était les frémissantes fêtes,
Ne baiseront au vol les gestes que vous faites;
J'en revois un petit qui vous est familier
Pour toucher votre front, et je voudrais crier. . .'

ROXANE, (troublée)
Comme vous la lisez, cette lettre!


La nuit vient insensiblement

CYRANO
'Et je crie
Adieu!. . .'

ROXANE 

Vous la lisez. . .

CYRANO 

'Ma chère, ma chérie,
Mon trésor. . .'

ROXANE, (rêveuse)
D'une voix. . .

CYRANO 

'Mon amour!. . .'

ROXANE 

D'une voix. . .
(Elle tressaille)
Mais. . .que je n'entends pas pour la première fois!


Elle s'approche tout doucement, sans qu'il s'en aperçoive, passe derrière le fauteuil, se penche sans bruit, regarde la lettre. L'ombre augmente.

CYRANO 

’Mon coeur ne vous quitta jamais une seconde,
Et je suis et serai jusque dans l'autre monde
Celui qui vous aima sans mesure, celui. . .'

ROXANE, (lui posant la main sur l'épaule)
Comment pouvez-vous lire a présent? Il fait nuit.

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (au cas où vous n'auriez pas reconnu ?)

samedi 20 août 2005

the gnocchis recepy

Grattage_de_nezC'est pas si souvent que j'écris des recettes, paske je suis très paresseuse et aussi paske ma copine investit ce créneau avec un grand talent.

Mais cette recette de gnocchis, vous m'en direz des nouvelles. Je l'ai reconstituée d'après les explications d'une amie de mon frère, après m'en être régalée au dîner de leur mariage civil ; chaque famille devait amener kekchose, nous avions amené un gâteau au choc qui ressemble à sui-là (hyper bon).

Alors ces gnocchis. Il vous faut pour 6 personnes :

60 g de poudre d'amandes (1/2 paquet)
500 g de gnocchis (un paquet entier)
4 poivrons roses ou bleus (je rigole, la couleur que vous voulez !)
4 ou 5 tomates de taille moyenne (la précision ça me rase dans les recettes de cuisine)
un gros bouquet de basilic
une ou deux gousses d'ail
sans doute autre chose mais je ne vois plus (à vot' bon coeur, en quelque sorte).

Alors.. mettez les poivrons sur la plaque de votre four (assez chaud), et faites les griller pendant une vingtaine de minutes en les retournant de temps en temps (sinon inspirez-vous de cette recette-là). Sortez les du four et mettez-les dans un sac en plastic, bon, puis secouez afin que la condensation aide la peau à se détacher.

Pendant que la peau se détache, jetez les gnocchis dans une grande casserole d'eau bouillante salée et lisez ce qu'il y a de marqué sur le paquet ; quand ils sont cuits, égouttez puis mettez-les dans votre saladier et direct, parsemez-les de poudre d'amante. D'amandes.

Coupez vos tomates en petits cubes ; pour ma part je les coupe à la chilienne, c'est-à-dire en quadrillant la tomate ronde avec mon couteau puis en tranchant des tranches dans ce quadrillage (pas très clair mon explication, je vous montrerai comment je fais quand vous viendrez dîner à la maison).

Puis pelez vos poivrons qui ont un peu refroidi, épépinez-les et coupez-les en petites lamelles ou carrés, comme vous aimez.

Puis préparez une vinaigrette avec huile d'olive, vinaigre balsamique, vos deux gousses d'ail hâchées ou pressées, un peu de miel, pourquoi pas une cuiller d'huile de noix si vous en avez...

Mélangez bien le tout et parsemez d'une TONNE de basilic.

Le tour est joué ! Après les mecs, on se régale.

dernier né

Nico_dans_la_glace

Depuis l'temps que j'y dis Tu es un génie. Ca l'énerve quand je dis ça. Mais c'est vrai, il met de l'intelligence dans tout ce qu'il fait et notamment dans ses photos à tomber.

Jusqu'ici elles illustraient maviesansmoi. Désormais elles seront aussi le sujet de versacpics.

Ce qu'il y a de curieux c'est qu'on choisit rarement les mêmes photos. Vous avez donc peu de chance de trouver deux fois la même chez lui et chez (sans) moi. 

vendredi 19 août 2005

deux cheveux blancs

Hair_wear_2

Coucou !

Retour dans mon appartement stromboscopé ce matin par le flash des éclairs. Le tonnerre n'a pas réveillé Alma. Chimène est restée en Corse.

De Sagone j'ai ramené
* l'envie de partager 4 livres, petits bijoux à lire avec un enfant sur les genoux et seul frissonnant d'admiration dans le hamac
* une Alma petite pêche qui dort la nuit, boit des biberons (ouf, snif)
* un Nico bronzé, roi des joggings matinaux
* la nostalgie de cette nature argentée, le bruit de la mer assourdissant au début, mon balcon me semble minus à côté du jardin, des montagnes maquisées
* un hâle inégal, un joli maillot à trous et à pois que je ne porte pas encore comme une fée-mannequenne... de bonnes résolutions pour continuer le yoga initié sur la plage, me mettre à la gym
* la jubilation des rires avec Pierre, Nico, Bertrand, Alma, Chimène, Marguerite, Peter, la tendresse d'Anne et Maminou
* la nostalgie, encore, des longs moments gazouillants passés avec Alma, sur le lit , dans le hamac, ils ne reviendront plus...
* une tonne de photos prises par Nico
* un tricot plein de trous, vert militaire, début de couverture pour Alma qui sera prête pour Noël ?
* une tranche de cédrat confit pour Maman
* un noeud dans la gorge qui se gonfle
* une recette à manger à quatre pattes, la salade de gnocchis à la poudre d'amandes, je vous la donnerai si elle vous tente

2 cheveux blancs.

Ma Photo

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