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lundi 26 septembre 2005

envie d'une pause

Chers Vous,

Vous qui venez ici par hasard,
par habitude,
par désoeuvrement,
par affinités électives,
à la suite des mots clés "Maman nue" ou "l'occupation Annie Ernaux"
par voyeurisme,
par amitié,

je m'apprête à vous faire faux bond pour une durée indéterminée (sans doute plus proche des 5 minutes que du forever). La raison, c'est : j'en ai assez d'écrire depuis la posture de mon moi social. Ce qui semble à beaucoup être une intimité dévoilée, pour moi est très loin de la vérité que je cherche à cerner par l'écriture. Je ne peux pas la trouver à travers un blog où le "je" correspond à celle que je montre.

Je le sais depuis le début ; et sans doute avais-je besoin de souffler, de me colleter avec d'autres, de tester que mes écrits touchent effectivement des lecteurs, d'une présence, d'amitié, de rencontres, de vivre avec Nico cette aventure de l'écriture publique. Et j'ai toujours besoin de toutes ces choses-là.

Et de nouveau j'aimerais qu'écrire soit pour moi toucher au coeur de l'oignon et non pas juste ôter les pelures superficielles. Prendre un risque que seule permet la fiction, un "je qui ne serait pas un je" (pas plus que sans moi est Christie).

A bientôt.

Et si je reviens la bouche en coeur vous représenter ce moi partiel et superficiel, j'espère que vous me pardonnerez, enfin, je ne sais pas ce qui se passera. Drôles de méandres par lesquels me conduit l'écriture.

jeudi 22 septembre 2005

ce qui est pareil et ce qui diffère

ConjugalChaque soir je lis quelques pages de ce pavé qui n'est pas loin de m'évoquer un "Proust japonais" (il parait que les plus grands spécialistes de Proust sont japonais, ça ne m'étonne pas). A la différence de La recherche, Quatre soeurs fait seulement 800 pages et non pas 800 pages x 6 volumes. A moins que ce ne soit 7.

J'avais aimé La Confession impudique (plus court, 200 pages), l'histoire d'un couple dont l'homme et la femme écrivaient chacun un journal intime, avec le récit de leurs fantasmes, puis de leurs incartades... dans l'intention que l'autre le lise. J'avais été enchantée par cette plongée dans un rapport à l'intimité très différent de la manière dont il me semble que nous le concevons en Occident : par exemple, lorsque la femme découvre son pied, le mari trouve cela très olé-olé, tandis qu'ils se disent cash "Vous ne me faites plus jouir".

Quatre soeurs comme son nom l'indique décortique les rapports entre 4 soeurs dans le Japon des années 60 ou 70, dans un milieu assez traditionnel. Deux sont mariées et deux pas encore et le choix des prétendants fait toute une histoire. Là encore, même si l'intrigue avance lentement (au gré de mes 4 pages par soir je ne suis pas sûre de le finir avant l'année prochaine), j'adore cette comparaison entre "le même" et "le différent" par rapport à ce que des soeurs vivraient en France. Bon je n'ai pas de soeur mais j'imagine hein.

J'ai adoré ce passage où la deuxième soeur, Satchi Ko mariée à Teinosuke, se rend à Kyoto avec son mari pour regarder les cerisiers en fleurs. C'est là où ils sont le plus jolis et ils y vont tous les ans. Quelques jours après leur retour, elle range le bureau de son mari (on est loin de nos débats sur l'émancipation des femmes - quoique le livre ne parle que de cela, ce qui est convenable de faire et ce qui ne l'est pas) et découvre, griffoné au crayon sur le coin d'une feuille volante, un petit poême qui fait référence aux cerisiers fleuris contemplés ensemble.

A Saga par un jour d'avril
S'assemblent de jolies femmes en beaux atours
Les cerisiers de la capitale sont en fleurs
.

Emue, elle griffonne à la suite quelques vers

Je regarde les fleurs de Heian s'envoler
Ces pétales qui nous laissent le regret du printemps qui s'en va,
Je les conserverai en secret dans ma manche.

Puis replace la feuille sur le coin de la table. La journée se passe, elle se demande si son mari va mentionner les poêmes... Mais il ne lui parle de rien. Le lendemain, elle retourne à son bureau et retrouve la feuille... avec, à la suite des siens, de nouveaux vers

Que je puisse en secret conserver au moins un pétale
Dans la manche du kimono revêtu pour voir les fleurs
En souvenir du printemps qui passe.

J'ai aimé cette métaphore du lien conjugal.

[Cette photo - prise par une cousine de Nico à un mariage - je l'aime bien, je nous aime bien dessus, et je me plais. L'ironie est que j'ai ronchonné pendant tout le mariage parce que je me trouvais imonde ce jour-là.]

mardi 20 septembre 2005

les femmes au travail qui sont aussi des mères

Dans_les_bras... A propos de ce qu'on disait hier, j'ai trouvé cet article sur le site de la Croix. Le paragraphe que je retiens :

[...] "concrètement, force est de reconnaître que c'est encore et presque toujours la femme qui, seule, revisite l'intérêt de «son» activité professionnelle, les conditions dans lesquelles elle l'exerce, voire qui reconsidère le temps qu'elle veut y consacrer, et surtout qui aborde le chapitre douloureux de la compatibilité de cette activité avec les possibilités de garde de l'enfant. Ce qui fait enrager Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre à l'Institut Paoli-Calmette (Marseille) : «C'est invraisemblable, ce que les jeunes mères portent sur leurs épaules pendant leur congé de maternité : elles craignent pour leur job, ou parfois apprennent leurs nouvelles conditions de travail, souvent impossibles, quinze jours avant de reprendre le collier, elles cavalent pour trouver un mode de garde, etc.» «C'est, poursuit-il, autant d'angoisse et d'énergie volées à la disponibilité intérieure dont elles ont besoin pour tisser les premiers liens et apprendre à se séparer de leur bébé paisiblement à la fin de leur congé de maternité.» Pour ce pédopsychiatre réputé, il est urgent que la société politique cesse «de bricoler des petites mesures» (congé de paternité, congé parental, Paje, etc.) et qu'elle repense une véritable articulation des réalités familiales et professionnelles dans le souci de la parité hommes-femmes. Un voeu qui n'est pas nouveau."

Je ne me sens pas du tout abandonnée par Nico, on parle de toutes les possibilités ensemble, il me conforte et réconforte... et pourtant je suis seule à faire les démarches, l'arbitrage.

[Pour les p'tites nouvelles, Alma a l'air très contente chez Maryse l'assistante maternelle, chez qui elle poursuit son adaptation : une heure hier, deux heures aujourd'hui.. C'est pas du luxe ce temps apprivoisé pour se séparer. Et comme par enchantement, deux clients m'ont rappelée depuis hier ! Je sens que le temps libéré par mon amourette aura de quoi s'employer. ]

lundi 19 septembre 2005

la tentation de la mama

Mangeage_de_mainTandis qu'Alma me regarde avec son air coquin et m'adresse de tendres vocalises (elle peut me faire du charme, la p'tite cracheuse, car elle vient de repeindre mon pull d'un lait caillé du blanc le plus pur)... Je cherche des prétextes pour ne pas l'emmener chez cette nourrice .

Heu, elle est un peu malade...
Heu, je vais me débrouiller avec elle finalement...

Il y aurait plein de raisons de la garder avec moi, la première étant le désir réciproque d'une mère et de son enfant à rester ensemble. Et quelles implications cela aurait-il sur notre vie ? sur mon travail ? Si j'ai décidé de travailler, même depuis mon domicile, c'est mieux pour elle que quelqu'un s'occupe d'elle complètement non ? Et pour moi, c'est quand même important d'avoir une complète liberté de mouvement...

Dur de s'en tenir rationnellement aux décisions prises, lorsqu'il s'agit de son bébé et d'un budget de 700 € par mois.   

vendredi 16 septembre 2005

même les adultes...

Petite_bicheLa saison des crèves est revenue chez les Vanb. Dans la gorge de Chimène, devrais-je dire. Deux poussées de fièvre en 10 jours, merci l'été indien. Alors, mercredi et jeudi, j'ai gardé avec moi les deux bichettes, et me suis émerveillée de la manière dont elles se tiennent compagnie pendant que j'essaie de travailler.

Alma est installée sur une serviette de plage près de la fenêtre du salon et Chimène amène ses enfants (Doudou, Lapinot, Zoé, Juliette, Franklin, déjà mère de famille nombreuse ma p'tite) et leur voiture (un tricycle) et leurs maisons (deux parapluies) tout à côté d'elle, c'est adorable. En tout cas moi, je fonds.

Ca, c'était hier matin. Je n'avais pas prévu les larmes de Chimène hier après-midi, au sortir d'une longue sieste. "Je ne veux plus te voir Maman." Et elle se dirige vers les toilettes... où elle fait pipi par terre, au travers de ses vêtements. Exprès, me précise-t-elle.

Evidemment nous avions un rendez-vous chez le pédiatre, le temps de me fâcher, de la doucher et la rhabiller j'arrive en retard... Et je raconte la scène au pédiatre. "Et oui, que voulez-vous.. Même les adultes sont jaloux, alors les enfants..."

Et moi je m'en veux de protéger un peu trop Alma ; et j'ai de la peine que Chimène refuse maintenant mes calins et mes baisers, "Tu me colles Maman." Tout en pleurant quelquefois parce que je quitte sans l'attendre la pièce où elle se trouve. 

jeudi 15 septembre 2005

en fait...

Cherchez_la_femmeDepuis deux mois, je me faisais un monde de cette rentrée qui devait redémarrer sur les chapeaux de roue. Mes clients avaient tous l'air impatients que je revienne, c'est à peine si j'avais le droit d'accoucher. Un de mes prospects voulait commencer maintenant tout de suite.

Alors moi, bonne fille, le 25 août avant même de débaler les sacs (OK chez nous ce n'est pas un critère) je rappelle mon petit monde, Ah Christie comment allez-vous, nous n'avons rien fait pendant les vacances... A très bientôt.

Sauf qu'ils ne rappellent pas. Ils ont profité des 4 mois pour déménager, partir en voyage, trouver de nouveaux clients, faire je ne sais quoi, et moi, oubliée. Ils n'ont pas que ça à faire.

Théoriquement ça m'arrange, comme ça je peux parer aux urgences (les livres sous contraintes d'éditeurs) et m'occuper de mes bounettes malades et faire mes abdos. Mais vous me connaissez, au lieu de souffler, je m'inquiète, et me vexe un peu, bon alors ils reviennent ?

HE HO, je suis rentrée !

[Je mentionne rarement à un client le fait que j'en ai d'autres, en même temps que lui. Comme si j'avais peur qu'il prenne ombrage du fait que notre relation ne soit pas exclusive..]

[Ayé, j'ai trouvé un babysit' pour mes girls, mardi et jeudi soir à la sortie de l'école, il a vu l'annonce dans un magasin du quartier, m'enfin faut encore qu'il soit fiable et qu'il se plaise avec les boulettes. Nous sommes à l'essai de part et d'autre.]

mercredi 14 septembre 2005

un moment

Noir_intenseJe pose mon bébé sur son tapis de jeu. Elle rougit, plisse les yeux, crispe sa bouche...

Je réprime un Pleure pas bébé, à la place je soupire et la prends dans mes bras. Les pleurs continuent quelques minutes et puis, blottie contre moi, agrippée à mes cheveux de cocker, Alma pousse des grognements qui évoquent assez ceux d'un marcassin.

MA MAMAN.

Elle fouit son nez dans mon giron. Je lui prête mon sein.

De temps en temps, elle lève sur moi un regard intense, ses yeux bleux devenus noirs pour l'occasion.

Et vous savez quoi ? je commence à confier MON BEBE à une (horrible) nounou à partir de lundi prochain.

[Spécial dédicace Sophil.]

lundi 12 septembre 2005

un souvenir d'enfance (1)

School_workL'école est un grand bâtiment de briques rouges, avec une grille en fer noir. La petite fille est en retrait de la porte, parmi d'autres enfants. Elle s'avance le plus qu'elle peut, le plus que la dame de service lui permet, pour regarder dans la rue. Elle attend sa grand-mère.

Il n'est pas encore quatre heures et demie, mais l'enfant est déjà au bord des larmes. Elle ne sait pas ce qu'elle ferait si l'aïeule ne venait pas, ne veut pas y penser.

Brusquement, devant elle, sans qu'elle l'ait vue arriver, la silouhette vacillant sur ses escarpins, dans un imperméable un peu trop grand, le gris à boutons dorés.

Lorsque la grand-mère la serre dans ses bras, la petite fille est en larmes. - Qu'est-ce que tu as ? -J'avais peur que tu ne viennes pas me chercher.. - Et pourquoi ne serais-je pas venue ? Je ne ferais jamais une chose pareille.

L'enfant mord dans le croissant que lui tend sa grand-mère. Main dans la main, l'enfant et la vieille dame parcourent les 50 mètres qui séparent l'école de la maison.

[Désolée de vous associer à notre agenda domestique, et je fais appel à vous car peut-être avez-vous parmi vos cousins, frères et sœurs, amis, amis d’amis, enfants d’amis, voisins… le ou la futur(e) baby-sitter de Chimène et Alma. J’ai collé des petites annonces dans la rue mais il me semble que ça marche mieux par amis interposés.

Voilà le pitch : Chimène (3 ans) et Alma (4 mois) recherchent la ou le baby-sitter qui viendrait les chercher à l’école / chez la nounou, deux soirs par semaine (soirs à définir), et s’occuperait d’elles de 16h30 à 19 h à notre domicile (métro commerce, Cambronne, bref, au cœur du 15ème). Si vous êtes cette personne attentive et aimant jouer, écrivez à mon mail..

Ps : autres tuyaux bienvenus.]

samedi 10 septembre 2005

grosses fatigues

MaquillageMercredi, fin d'après-midi. Conversation entre deux jeunes mamans (plus si jeunes en fait, l'une d'elles a trois cheveux blancs) sur le banc d'un square bondé (1).

- Ren lala, hier je suis allée à la librairie avec les filles... épique. Je voulais regarder un peu la rentrée littéraire.. La grande a commencé à ramper par terre. Relève-toi, lui ai-je ordonné (un peu mollement). Puis j'ai laissé tomber car la petite s'est mise à hurler. Une cliente s'approche, l'air de dire Elle s'occupe de rien celle-là. Je m'amène. Ma petite avait faim, heureusement j'avais prévu de quoi.. Je m'installe sur le tabouret de la libraire (après avoir demandé) et donne le biberon au monster (l'autre toujours en train de faire la serpillère). Le dit-monster se jette sur sa pitance, puis régurgite une bonne louche de faisselle deux minutes plus tard, moitié dans mon sac, moitié sur le parquet. La libraire se précipite pour juger des dégâts, mon bébé dans les bras je tente maladroitement d'essuyer Laissez je vais le faire me dit-elle sèchement. En  ramballant mon matos (après avoir acheté 3 livres quand même) j'entends la libraire à la caisse dire à la cliente Pas facile à cet âge et la cliente de rétorquer C'est pas une question d'âge.. Je sens que je vais y retrourner souvent à cette librairie.

- Rroh ben moi c'est pareil tout à l'heure j'étais à la poste avec Dorothée (2), on poireautait dans la queue depuis une demie heure, on crevait de chaud, j'étais au bord de l'évanouissement et Dodo en avait marre elle s'est couchée par terre, les gens dans la file m'ont jeté des regards qui crieaient Mère indigneuh !, du coup ma voix lasse Allez Dorothée, lève-toi..

Fou rire des deux mères.

(1) Pendant toute la conversation, leurs filles jouent à envoyer la poussière du sol sur les bancs voisins et à se taper dessus à coup de rateau. 

(2) Les prénoms ont été changés pour l'intrigue. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé est purement fortuite.

jeudi 08 septembre 2005

la tentation de Robinson

SoustifsA mesure que le lait se tarit, me revient l'exigence de reprendre forme humaine comme disait l'autre. Moins une mère et plus une femme. J'ai un peu la flemme, c'est si doux de se laisser aller dans une seule voie et d'occulter le reste.

Et je n'ai pas vocation à rester une baleine.

Alors si je donne encore le sein à petite Alma pour la rassurer, l'aider à s'endormir (les Français diraient tototte, les Américains, plus élégants, pacifier)... j'ai quitté avec plaisir mes horribles soutien-gorge d'allaitement, pour mes jolis d'habitude (vous vous rappelez la razzia ?)

Quant aux abdos, bon, j'en fais (matin et soir, devant la fenêtre ouverte, les voisins doivent bien rigoler) et si mon ventre durcit un peu, il reste méga-rebondi. Je persévère, remarquez bien, tout en soupçonnant que ces abdos sont pour moi une arnaque, un peu comme la soupe dont j'attends encore qu'elle me fasse grandir.

Ma Photo

janvier 2009

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