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dimanche 22 janvier 2006

les visages

BrokebackJe n'avais pas pleuré devant un film depuis le final des Choristes. La honte, j'ai détesté ce film et la petite corde sur laquelle il a appuyé. Et j'ai détesté que ce catalogue de bons sentiments ait été le film plebiscité des Français.

C'est des Etats-Unis que me sont venus mes derniers émois cinématographiques. A history of violence, en novembre, et encore plus hier soir, avec cette histoire d'amour d'une vie, amour éprouvé à en hurler et qui pourtant se refuse, avec pour conséquence "le lent et vain écoulement de l'énergie vitale loin de l'être aimé" (c'est la phrase sublime de Louis Guichard, dans Télérama, qui m'a donné envie d'aller voir ce film).

Qui n'est pas une histoire d'amour homo mais l'histoire de la rencontre de deux âmes soeurs, qui se trouvent être des hommes ; en cela, je l'ai trouvée universelle (à l'inverse de la série The L World, mettant en scène des lesbiennes et dans laquelle je m'étais sentie exclue).

Les visages de ces hommes ; Jack, viril et si féminin dans sa façon d'amener à lui Ennis, le "fruste" américain profond, tout en retenue, qui n'a pas le courage de vivre de vivre son destin. Je ne sais pas parler de ces deux hommes, de la brutalité et la douceur de leur désir, la puissance et l'impuissance de l'amour.

Et à la fin, il ne reste plus rien à Ennis qui a dit non à tout, qu'une chemise à étreindre, tout seul dans son trailer.

Et à moi, joues ruisselantes, la poche du caban de Nicolas où j'ai glissé ma main.

janvier 22, 2006 dans Deseo, Keultcheur | Permalink | Commentaires (6)

Commentaires

Complètement d'accord, ce film est superbe et si sensible... J'ai beaucoup pleuré également, et même longtemps après le film, après que la dernière image se soit envolée. ça m'a un peu fait penser à The Bridges of Madison County, il y a une magnifique réflexion sur le poids de la société et le désir de vouloir vivre heureux. La BO ne gâche rien, en plus.

Rédigé par: Sibylle | 22 jan 2006 11:27:44

Vu le film aussi hier soir et j'avoue que le charme n'a pas opéré. Je trouve l'ensemble très surfait et d'une portée émotionnelle limitée. C'est simple, je ne crois pas à la relation des deux hommes et l'universalité même de leur histoire me dérange. Impression que Ang Lee refait son Garçon d'Honneur ou qu'il aurait pu transposer son histoire dans n'importe quelle époque, avec un couple hétéro, coincé par les conventions sociétales (cf Le Temps de L'Innocence de Scorcese for example). Je trouve la démarche opportuniste et déteste la scène par trop explicite où l'on voit en flash back le lynchage de Jack Twist. Bref, à part quelques séquences en pointillés, quel manque de subtilité. Sans compter les décors cartes postales (on est loin des paysages hantés de Ford). Bon j'arrête avec ces impressions à chaud.

Rédigé par: sandrine | 22 jan 2006 13:42:49

Moi je suis simplement heureux de vous retrouver aprés ce "problème" le danger est évidemment grand de se prendre des commentaires "méchant " il y a tellement de gens qui vous aiment!!pourtant .

Rédigé par: bob | 22 jan 2006 18:42:00

C'est un film que je prévois d'aller voir cette semaine. Quant à The L Word, c'est une série super je trouve, même si la saison 3 devient un peu lourde.

Rédigé par: Cindy | 22 jan 2006 19:31:25

En passant, par hasard ce matin, je lis votre commentaire sur Brokeback Mountain.

Il y avait quelquechose que vous aviez dit qui me genait.
Et puis je viens de comprendre (je suis lent) et je ne peux m'empêcher de faire le lien avec ce que vous écrivez sur "l'antisémitisme ordinaire" quelques lignes au dessus.

Est-ce que dire que ce n'est pas une histoire d'amour homo, ça n'est pas de l'homophobie ordinaire ?
On pourrait arguer d'une part que pour une fois qu'il y a film superbe qui parle d'une histoire d'amour entre deux hommes, les hétéros pourraient reconnaitre cette spécificité plutot que de souhaiter à tout prix lui enlever ce caractère évident...
On peut rétorquer aussi à ça que la normalisation est le souhait des homos... Soit.
tout de même, ça me gene.

Transposons plutot... pour suivre le fil du racisme. Vous sortez d'une salle de cinéma, vous venez de voir un film d'amour bouleversant entre une jeune fille blanche et son esclave noir.
Commentaire entendu à la sortie "On en vient presque à oublier qu'il est Noir..."
Dérangeant ?
Peut être autant que ceux qui disent qu'ils en viennent à oublier qu'il s'agit de deux hommes.

Je m'interroge.

Rédigé par: Nemrod | 30 jan 2006 15:53:45

ouais, ben faut arrêter..

Rédigé par: Christie | 30 jan 2006 16:06:37

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