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vendredi 30 novembre 2007

quelque chose plutôt que rien

La_pierre

Je rendais hier, et je rends aujourd'hui, ma première version du premier jet du premier chapitre pour mes deux nouveaux clients. Cette étape est critique, et me confine à une inhibition de l'action (j'ai mis 5 ou 6 jours à rédiger 8 pages). Vous m'imaginez, moi, Christie la bougeotte, restant bloquée - ben oui, ça fait maaal.

C'est la première fois que mes clients peuvent évaluer mon travail d'écrivain (ce pour quoi nous prétendons qu'ils me paient - le reste, le cadre du projet, la relation, la recherche d'infos, c'est transparent, non facturable). Nous n'avons pas appris à travailler ensemble, ils ne savent pas ce dont je suis capable - et moi je l'ai oublié à vrai dire. Malgré les 25 livres auxquels j'ai déjà collaboré, et qui ont abouti, une première page blanche reste une première page blanche. Leur sujet est neuf pour moi et je me lance sans beaucoup d'informations, je dois assumer un texte plein de trous et dire fièrement, "Voilà ma meilleure proposition, à présent nous devons retravailler tous ces points-là..." sans me culpabiliser ni me flageller "tu ne sais pas faire".

Le pire qui puisse arriver est qu'ils me disent "Votre texte est trop faible, on ne travaille plus ensemble." Mais les choses je pense vont s'arranger de manière juste ; et sur les moignons que je leur livre aujourd'hui, nous allons bâtir deux livres valables.

[Après le calage du premier chapitre, les suivants coulent plus facilement. Ouf hein !]

[Et cet après-midi.. cet après-midi, du temps consacré à Plume de vie : écrire pour le blog de Plume de vie, ranger le bureau de Plume de vie, rattraper tous les petits bouts de noms éparpillés pour les rassembler dans une seule grande feuille... ça va être bien !]

[Pour ceux que ça intéresse, ma nouvelle psy, Catherine sorcière géniale et aimante, fait une réunion d'information le 6 décembre - en plus de séances individuelles, elle anime aussi des stages de méditation et d'expanssion de conscience et.. enfin elle fait plein de trucs assez magiques et féconds. Je peux forwarder son mail, suffit de me le demander par mail.]

jeudi 29 novembre 2007

porosité

Tristesses

Un aspect parfois traumatisant de mon travail de mère, est la porosité des émotions. En ce moment l'automne aidant je replonge dans ma vieille tristesse, et les filles la prennent en pleine face. Tous mes efforts pour allumer des bougies, mettre du boumoussant et préparer des petites pommes de terres sautées, rien n'y fait, elles veulent une maman rieuse. Et si moi j'ai pas envie de rire ?

Total elles chougnent et pinaillent et je n'ai qu'une envie, fuir fuir fuir.

Je repense au rite du mariage chrétien, où le prêtre demande à la femme de s'engager à être "la joie du foyer" ou un truc comme ça. Sur le coup ça m'avait paru accessoire ; maintenant, je comprends mieux l'importance de la gaité - "Serre les fesses", me disait hier ma copine Alix, qui en a vu d'autres.

Car l'autre aspect extraordinaire, oui, un peu sorcier de cette tristesse floue, est qu'elle ramène à moi plein de "petites mères"... La mienne, déjà ; ma Catherine nouvelle psy, qui hier m'a serrée dans ses bras ; Alix et ses grands manteaux noirs, ses yeux comme des fenêtres claires ; et en rêve, toutes mes amies maternantes. Je m'émerveille de cette force que je ne maîtrise pas, cette énergie qui appelle les énergies manquantes presque sans que j'aie besoin de rien faire...

Attendez, mes chéries, devrais-je dire à mes petites : votre maman a besoin de se faire materner, et dès qu'elle aura un peu comblé son vide elle revient prendre soin de vous de manière habitée ! En attendant, serrez les fesses : je vous aime, ce n'est pas votre faute, et laissez-moi me réparer.

[En arrière plan, ma belle-soeur Valérie.. ] 

mercredi 28 novembre 2007

les tartines de rillettes

Mioum

Malgré toutes les différences entre nos caractères, Nico et moi sommes presque toujours d'accord sur l'éducation des enfants ; les gestes appropriés, les activités, les punitions - et nous rencontrons souvent les mêmes dilemnes (présentement, faut-il choisir une école primaire moyenne mais tout près de la maison, ou une école à meilleure réputation et à perpet).

Mon analyse de ce surprenant accord, c'est qu'en nous mariant nous cherchions aussi un conjoint qui ne reproduirait pas certains excès ou carences de nos familles d'origines (pardon les parents)... du coup, même quand l'un de nous aurait fait différemment que ce que l'autre propose, nous faisons confiance à notre tandem pour trouver le bon équilibre.

Il y a cependant un point ou deux où nos points de vue divergent... l'attitude face aux risques, l'expression de "je veux", et... les tartines de rillettes.

Dans la famille à Nico on ne mange pas entre les repas (du moins, hum, le pool des aînés dont fait partie Nico). Mes parents, eux, détestaient avoir leurs petits dans les pattes au moment de préparer le dîner, qui râlaient, j'ai faim, et qu'est-ce qu'on mange, du coup, dès que mon frère ou moi apparaissions dans la cuisine, Papa proposait "Tu veux une tartine de rillettes ?"

Total j'ai développé une passion pour ces petits filaments roses et salés (bien plus que pour la soupe obligatoire qui suivait ou les galettes du samedi). Total, chaque soir les filles ont droit à un apéro, ce qui au début a un peu énervé mon homme... mais qui moi me permet de cuisiner peinardote, avec les loulouttes à côté certes mais occupées à machonner leurs tomates cerises et raisins secs. Ainsi j'accompagne sans crier, et mes filles vont devenir obèses (mais nan...)

mardi 27 novembre 2007

choses qui m'ont désespérée quand j'ai compris que c'était pour la vie

Sei_shonagon* m'épiler les petits poils entre les sourcils
* les embêtements des ragnagnas
* aller travailler tous les jours (hou que je me suis sentie mal l'année où j'ai entamé "la vie professionnelle" !)
* la couleur de mes cheveux - chatain ternou (mais sur ce coup-là, hé hé, je ne me suis pas laissée faire : j'ai appris à tricher illuminer avec le henné, le vinaigre au romarin, ah ah, ça m'a tout changé ; tirer parti de ma grande tignasse et accepter un peu mieux "qui je suis")
* mon caractère de bavarde-désirante... et des ruptures bien sûr, certains adieux impossibles à accepter - et il a bien fallu
* la folie tapie dessous

Et finalement, je m'y suis faite à toutes ces choses ; en général, disons. Et je sais aussi qu'un jour, certaines douleurs, couleurs, odeurs, horreurs disparaitront, et ce sera encore pire, un avant goût de mort...

[A part ça, je suis très fière de mes enfants : Alma commence à faire de beaux dessins.. abstraits, mais beaux.

Et Chimène sait écrire son prénom en cursives - en attaché quoi (je précise car jusqu'à l'année dernière je ne connaissais pas ce mot). C'est ce livre qui a tout acceleré, je n'en reviens pas du pouvoir d'un livre !]

[Merci aussi au pouvoir évocateur des listes de Sei Shonagôn, la demoiselle de la cour impériale du Japon il y a 1000 ans, qui m'inspire depuis 4 ans que j'ai rencontré son livre.]

lundi 26 novembre 2007

tenir la maison

Alors, me revoilou... sans voyage en perspective cette fois, avant les allées et venues de Noël où voyager ne se conjuguera plus à la première personne du singulier.

Tenir la maison - faire revivre ce blog - déloger ma bande de sacs - accompagner sans cris la vie quotidienne - redonner des opportunités à Plume de vie - ne pas lâcher les projets, les livres, les groupes - tisser ma fiction non-fiction - suis-je la seule à pouvoir mettre du combustible dans mes moteurs ?

[Hier soir ma grand-mère a failli avoir une attaque parce que je refusais d'emmener le sac de trucs qu'elle avait préparé pour nous. Un mois qu'elle collecte ces merdouilles cadeaux, et moi je dis Non - pour une foule de raisons toutes aussi bonnes les unes que les autres, mais elle, ça lui fait mal.

Chimène qui pleure pendant 1/4 d'heure parce que je refuse de choisir pour la 345ème fois la paire de tongs qui va bien avec son pyjama.

Le truc qui me manque en ce moment - la souplesse. J'ai besoin d'être plus douce, et j'ai peur de me faire dévorer par les autres. Total, je me croque toute seule.]

Accompagner_la_vie_quotidienne

mercredi 21 novembre 2007

les traces d'un voyage

Cairn_a_sf Que me reste-t-il de ce voyage ?

(Pas de photos, donc...)

Mais j'ai ramené

Une amitié ressourcée

Deux paquets de marshmallows
Des Santa Klaus en chocolat
Deux boîtes de baked beans (my péché mignon)
Un cahier rempli de notes en franglais (et de mots de ma petite amie)
Un exemplaire de Story dédicacé avec le conseil Write the truth ! (il écrit ça à tout le monde, mais ce conseil certes pompeux va dans le sens de ce que j'ai toujours voulu faire)
Une trèèès longue liste de films à regarder Tender mercies Ordinary people The in-laws Chinatown et des dizaines d'autres

De timides nouvelles intuitions pour écrire

Et mes sacs dans l'entrée

Et des coins plein les poches
Une oyster card de métro
Un ou deux (pas trop gros) billets

Vais-je chercher un endroit intelligent où ranger les trucs qui me reserviront lors d'une prochaine virée à Londres, ou j'essaye même pas ? 

[Au fond de mon sac gris de tous les jours, se trouvent encore des cailloux et des bouts de coquillages ramassés en mai dernier, sur une plage près de San Francisco]

mardi 20 novembre 2007

London calling

C'était pas mal London, pas mal du tout.. même si je l'ai surtout vue by night et les pieds mouillés.

Bon allé c'était génial

* La nouvelle gare de Saint Pancréas, monumentale avec ses losanges de brique et son parquet en bois
* Les taxis chapeaux melons où on a toute la place pour étendre ses jambes
* Le vieux collège au milieu du parc (et de la ville)
* Mon anglais petit nègre "I want water without bubbles please" et un serveur sur deux qui me répondait dans un français goguenard et sans accent (vu qu'ils étaient Français, hé hé, nous sommes partout, même pas moyen de dauber peinard)
* Les alignements de maison croquignolettes
* Le super accueil des garçons (mes copains d'école) presque pas vus depuis 10 ans
* Toute la journée à côté de ma petite amie, en train de nous passionner, nous ennuyer, dormir, écrire des petits mots, nous piquer les notes COMME A L'ECOLE (la nuit j'ai même rêvé que le prof nous séparait)... un vrai petit couple CA FAIT DU BIEN DE RETROUVER CA
* Les bons restos tellement chers que "faut pas y penser ça fait trop mal"
* Ce type brillant Robert McKee, tombé dans le cinéma tout petit, IL DONNE LE MEME COURS CE WE A PARIS, SI L'ECRITURE VOUS INTERESSE ALLEZ-Y  (bon il ne se mouche pas du coude mais ce type est un pro un vrai - odieux Américain money minded mais il sait comment bâtir une histoire qui marche et mieux encore, et il a un talent d'acteur extraordinaire, il est drôle et juste et.. he just knows how to do it)
* La joie de me retrouver "moi juste moi" et de faire la fofolle...
et le manque de mes trois chéris dont je me sépare rarement
* La jubilation intellectuelle "Mais ce type a tout bon"..
et l'angoisse bien sûr de ne pas savoir concevoir une histoire sur les bases exigentes qu'il propose..

Ah je suis bien contente d'avoir suivi ces 3 jours de séminaires. Et d'être rentrée. Maintenant, je prépare la Lorraine.. et je regarde mes projets de livres avec un autre oeil, je ne sais pas comment ils vont tourner mais les idées se mettent en place doucement. Je vous raconterai.

Et vous, comment ça va ?

Artiste_empoignant_son_oeuvre

[Hum je n'ai pas pris beaucoup de photos. J'aurais pu, j'aurais dû, mais tout a passé tellement vite et fun..] 

 

vendredi 16 novembre 2007

la fidélité

ParoJe pensais les enfants oublieux, frivoles, changeant d'amis comme de chemise.. en fait, il est autant d'enfants que de personnes, nos petitous n'entrent dans aucune catégorie, pas plus que nous les femmes.. Bon OK souvent les petites filles aiment le rose et veulent qu'on les appelle "Princesse", en ce moment à la maison nous hébergeons Paro et Blanche Neige (elles auraient pu choisir des princesses blondinettes mais non, une Indienne et une brunette, et Chum me bassine - Hein Maman je ressemble à Paro ? - Alors laisse moi mieux te regarder... voui voui voui la tâche de confiture pourrait passer pour un - je ne connais pas le nom du truc rouge que les Indiens ont entre les yeux Et Chimène de prendre son air languide et de me montrer ses yeux en amande...)

Tout ça pour dire que je suis émerveillée de la profondeur et de la fidélité de Chimène, qui non seulement arrive à se concentrer pendant des heures pour dessiner (elle produit en quantité industrielle, une vraie Picassoune), mais est amoureuse du même petit garçon depuis 4 ans et pense toujours à ses amies qui ont déménagé. Elle m'en parle, leur écrit, veut les inviter à son anniversaire (oui elle dessine déjà les cartes faut qu'elle se dépêche la fête a lieu en mars !)

Je ne sais pas si j'ai raison de m'émerveiller - peut-être devrais-je m'inquiéter, au contraire, que ma grande ait hérité de ce don pour vivre avec les absents et cultiver l'amour de ce qui manque... tandis que la petite semble avoir attrapé mon abandonnite, la pauvrette.

Allé je vais ranger le souk dans la cuisine (truc que je ne pourrai plus faire quand j'aurai mon bureau outside. Hou la la faudra que je travaille vraiment toute la journée. Ca fera bizarre..)

Gros bisous mes chéries-chéris. A mardi (si l'Eurostar est maintenu..)

[Crédit photo : Paro, la belle héroïne du film bolywoodien Devdas, que mes petitoutes se rejouent en boucle, le soir, à grands renforts de foulards et de bougies éteintes.. D'ailleurs Devdas ne parle que de ça, de l'amour persistant et contrarié de Paro pour ce mec alcoolo et dépressif, amour symbolisé par une bougie qui ne s'éteint jamais !]

[Et pendant que nous nous écrivons, des centaines de milliers de Parisiens marchent dans les rues de Paris, ou vélotent, ou covoiturent, ou s'énervent, baskets aux pieds et sacs au dos, dans le grand froid soleil... L'ambiance des grèves de transports m'enchante malgré tout ce que je sais des conséquences financières et de fatigue pour plein de monde, j'aime quand ça bouge, quand les usages changent, quand le monde souterrain ressort à la surface... Et moi modestement, je vais aller à la gare du Nord sur mon vélo tigré !]

jeudi 15 novembre 2007

la tête dans le sable

Je reçois des mails, des coups de fils, des questions de Nicolas, me demandant si je prépare bien mon voyage à Londres (il est vert que j'y aille sans lui hé hé). Ben non, je ne le prépare pas. Contrairement à mes jolis principes de l'autre jour.

Quitter le cocon en voilà une affaire ! (et Alma qui fait colère sur colère, et Chimène qui me couvre de dessins et de Maman t'es belle, et Nico..)

Adorable_emmerdeuse

Du coup je me concentre sur tout ce qu'il y a à faire ici avant de partir (et que j'aurai jamais fini, hein, vous connaissez le principe) : régler les ajustements de babysitter, terminer plein de boulot, voir mon petit frère et sa femme qui reviennent justement quand je pars, faire de bons petits plats, préparer de la soupe pour trois semaines, REGARDEZ COMME JE SUIS INDISPENSABLE !

Du coup j'ai peur de me perdre dans la grande ville. De ne pas savoir prendre le métro. D'être comme une cruche qu'on balade. De louper des trucs chouettes. Ben forcément.

Comme dit l'homme qui m'a prise avec ces petits seins là (et une dent marronne sur le devant, à l'époque - avant chaque Noël, Maman me proposait de m'en offrir une belle, de peur que je ne trouve pas de mari - ben si Maman tu vois.. mais la mutuelle a fini par me payer une nouvelle dent - comme cadeau de Noël je préfère un joli bracelet..) bref comme dit Nico, il est grand temps que je me trouve un bureau. Ah ben tiens, encore un truc à faire avant de partir..

Belle_endormie

mercredi 14 novembre 2007

les petites cases (let's party)

A_flower_for_flo

Il y a quelques semaines, j'étais assez gênée, quand mes amis me proposaient un déjeuner, de leur donner une date dans 10 ou 15 jours (ça faisait pas très spontané).

Aujourd'hui, j'ai été assez gênée de répondre à un copain qui me proposait des dates pour déjeuner, Et pourquoi pas aujourd'hui ? (ça fait la pov' fille qui connait personne) (paske lui, évidemment, aujourd'hui il ne pouvait pas !).

A tout prendre, je préfère quand même la deuxième situation, les cases de libres qui laissent de la place à l'imprévu - le dîner impromptu "potée au chou" chez ma copine-voisine, la piscine dans mon joli maillot rose qui ne descend ni ne remonte pendant mon crawl endiablé, les courses pour ma grand-mère, une orgie de jap avec mon papa, un tour chez le coiffeur TIENS le coiffeur et ma p'tite coupe que je m'offre chaque année pour mon birthday ? le truc c'est que mes cheveux mal trèès artistement coupés par Nico (il a appris tous ses tours de main chez Tony and Guy), je les aime assez en ce moment.. Tant pis je garde le bon pour plus tard (ainsi que celui de mon annual bath dîner, t'as pas oublié Nico ??).

Happy birthday ma Lolotte. Et toi tu t'offres quoi pour ton anniv' ? et vous les filles ?

Et hop spéciale dédicace mes copines qui ont leur anniversaire aujourd'hui ou demain. La prochaine fois qu'on se voit, j'essayerai de vous préparer ce gâteau sublime...

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