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mercredi 20 février 2008

faites un voeu

Moiti_2C'est assez extraordinaire l'histoire de ce voyage (l'histoire d'avant, après on verra ! mais je compte bien vous ramener des TONNES d'histoires extraordinaires, assez pour vous souler pendant des mois, surtout si vous ne me posez pas de questions factuelles, auxquelles vous avez peut-être compris que je ne sais pas répondre).

Un vendredi de juillet je déjeune avec une jeune femme que j'aime beaucoup. Assises sur nos tabourets avec de bonnes salades, on a rêvé d'un voyage en Thaïlande que nous ferions à deux familles, cet hiver.. "Bon mais laisse tomber, j'ai pas les sous.. Enfin, qu'est-ce que ça fait du bien de rêver !"

Sur ce on se quitte.. je pars à Dinard retrouver Maman et Mam.. Et Mam, sans que je ne lui parle de mon rêve, ni ne demande rien, me fait un gros chèque. Pile un peu plus que le prix de nos 4 billets d'avion pour la Thaïlande.

Bon, ces sous j'aurais pu les économiser.. Mais on n'a qu'une vie !

Et ma copine ? Ben elle elle attend son 4ème, pas mal aussi comme projet.

Rêvez les filles, écrivez vos rêves, racontez-les, partagez-le, relisez-les, et croyez-y. Souvent, ils finissent par se réaliser. 

[Allé, c'est pas tout ça mais j'ai mes bagages une propal à boucler ! (les bagages même pas commencés, juste lavé des tonnes de linge..)]

[In the jungle il y a 4 ans. Tiens je vais l'emmener ce marcel kaki, je l'aime bien.. Ca fait bizarre de n'envisager que des habits d'été dans le backpack, pas la moindre petite doudoune ni rien !]

déséquilibres

Ce soulagement

quand les choses sont dites
quand les documents, parfois si longs à accoucher, sont envoyés au client - même imparfaits, même la honte au ventre, même ainsi (parfois je suis fière aussi de ce que j'envoie, et quand j'ai la bêtise de le dire, "C'est pas mal hein", leur air étonné à l'autre bout, et les critiques après, alors maintenant je me mords la langue et je ne dis rien, ni c'est nul ni c'est bien, je les laisse lire tranquille)

Laisser les mots parlés, les mots écrits, et tout ce qu'ils repésentent, se détacher de moi (peut-être un jour aussi, mes propres histoires de ventres pleins / ventres vides)

Et je me demande, "Mais pourquoi ne l'ai-je pas dit avant ? pourquoi n'ai-je pas su laisser filer ? pourquoi avec l'âge ça ne vient pas, cette sagesse de savoir qu'il faut parler plus vite (et quelquefois, moins vite..) ?"

Eh bien c'est comme ça. J'accepte de grandir à mon rythme.

Ouvert_et_ferm_2

Course vers le départ, déséquilibre de la vie travaillée avant le déséquilibre de la vie de famille, c'est bien pour ça aussi les vacances, de nous déséquilibrer un temps pour nous permettre de réévaluer notre vie quotidienne, à notre retour changer un truc ici, un truc là. Peut-être.

[En ce moment j'ai l'impression d'écrire dans le désert. Vent de Carême ? ]

mardi 19 février 2008

ah la la...

Ca fait deux ou trois semaines que je devais appeler le Chevalier, c'est le nom de code d'un de mes clients délicieux, pour l'informer que je ne lui rendrai pas l'intégralité du texte comme prévu à la fin du mois de février. Tellement peur de le décevoir, mon "sois parfaite" liait mes mains et ma bouche, ligotait mon intelligence, total je n'ai rien écrit pour mon chevalier depuis 3 semaines.

Je viens de l'appeler en lui proposant un nouvel échéancier, et cet homme vraiment chevaleresque a été adorable et m'a remercié de vouloir faire du bon boulot (c'est vrai !), rien n'indique que je l'ai déçu, je vais pouvoir m'y remettre.. On a juste perdu trois semaines à cause de ma foutue inhibition.

[Hier un autre appel téléphonique, "Allo c'est Odile B., c'était pour vous informer que mon père René B. est décédé le 17 février, il sera enterré dans la cathédrale de Chartres le 21 février." Mon premier client, le premier qui n'a pas hésité à me faire confiance et qui m'appelait chaque année pour ma fête, à la Sainte Christine.. Un de seuls à savoir que je la fête ce jour-là.. Farewell René.]

lundi 18 février 2008

les goûts d'enfance

Hmm

Les pruneaux que Mam faisait tremper dans du vin, que moi je préfère nature, par bols entiers, ou alors clairsemés dans un clafoutis

Les tartines de rillettes avec Papa pour calmer les petites faims juste avant le déjeuner - penser à tester la recette d'Anaïk de pruneaux aux rillettes !

Les oeufs à la coque et la pointe piquante de sel que je rajoute après chaque cuillerée, chez Mam je les mangeais devant les chiffres et les lettres sur mon petit bureau jaune, j'entends encore la voix des joueurs, Voyelle, Consonne, quand je trempe mes mouillettes

Les flancs au caramel, le poulet au citron et la petite croute de gruyère par dessus la peau, la lotte à l'armoricaine, tous ces plats dont Mam a le secret, faudrait que je regarde dans son grimoire (elle m'a laissé son gros cahier plein de recettes d'un autre temps..)

Les pâtes à la ficelle du dimanche soir à Belle-île où je n'irai plus jamais, aujourd'hui je fais toujours des gratins de pâtes mais quand même j'ajoute de la crème et de la sauce tomate et plein de bons p'tits trucs

Les galettes du samedi midi à la maison, Maman et moi les prenions avec du saumon fumé, Papa disait Quel gâchis du saumon fûmé dans une galette ! mais nous on répondait Tant pis c'est trop bon

La raclette et la fondue devant la cheminée

Et les cerises par poignées et les fraises au fromage blanc, ce sont toujours mes desserts préférés.

[Transmettre à mes petites certains de ces goûts de mon enfance. J'use et j'abuse déjà des oeufs à la coque.. Tiens ce soir je ferais bien un flanc.. En ce moment mes filles et mon homme aiment les pommes-poires poellés dans du beurre avec un peu de vanille et quelques raisins secs, par dessus on ajoute une grosse boule de glace à la vanille c'est trop bon ! Pendant le Carême c'est pêché de parler de ces victuailles, je me demande si les boulangeries enregistrent des baisses des ventes pendant le Carême..]

Grand_bonheur_2

[Chimène, Alma et moi il y a un an. On a changé toutes les 3 !] 

les deux clients

Homme_et_son_chien

J'ai encore dans la bouche le goût du millefeuille d'un restaurant trop cher où m'a invitée l'un des 4 mousquetaires, la semaine dernière ('reusement que j'ai operé un relooking avec vestes jupes noires bien coupées et maquillage soigné, j'aurais eu l'air cruchotte avec ma robe de nounoursette à capuche)..

J'ai encore aux oreilles les promesses de l'autre, "Je ne suis pas obligé - après tout, c'est vous qui devriez m'inviter... Mais si on fait ce livre je vous amène au Meurice" - un des restos dans lequel je rêve d'aller. Comment faisait-il pour tout deviner de moi ? Celui qui n'arrêtait pas de me parler de sa générosité et qui ne m'a rien donné (à la fin je n'ai même pas accepté qu'il me paye pour le travail réalisé, orgueil fou du travailleur indépendant, et je ne pouvais pas accepter d'être infoédée à cet homme, qui pour moi a le visage du diable).

Je me souviens du frisson de dégoût et de plaisir lorsqu'il m'a demandé "Pourquoi avez-vous coupé vos cheveux ?"

J'ai failli oublier de remercier d'Artagnan. On s'habitue vite à la générosité. Je vais essayer de ne pas m'habituer, de savourer plutôt, et de donner la gomme.

[Dans trois semaines si tout va bien on l'aura notre chien. Un fox terrier à poil lisse qu'on va chercher dans un élevage au nord de la France. Je vous raconterai l'histoire un peu plus tard, quand on l'aura un peu vécue.. J'ai hâte de le connaître, ce chien, et surtout j'ai hâte de voir mon Nico et mes Chimène et Alma se transformer, un peu, à son contact. The dog experience !]

vendredi 15 février 2008

quelques questions

Les_batisseusesQue nous manque-t-il pour partir en Thaïlande la semaine prochaine ? (lotion antimoustique, retrouver mon superguide sur les Thaïs, envoyer un mail à ma tante qui habite sur place, dégoter une poussette pas chère sur ebay, a-t-on 4 serviettes de plage, photocopier les passeports, est-ce qu'on prend des bhats, où sont passés les maillots de bain ? Et quels livres j'emmène ?)

Quels sont les critères, nos critères d'éducation d'un jeune chien - à quelle heure il mange et dans quelles pièces il va, et comment lui faire passer les messages de façon claire et impliquer chaque membre de la famille, à son niveau, dans l'éducation de notre futur toutou ?

Comment annoncer à mon client que je ne suis pas parvenue à écrire tout le texte comme prévu, qu'il va falloir s'y prendre autrement, en morcellant (j'ai peur de le mécontenter, il va être furax, c'est sûr !)

Comment synchroniser mes mouvements en crawl, les bras, les jambes, arrêter de nager en zigzags ?

Quel est mon objectif pro du jour ? J'ai l'impression de me perdre dans tous ces trucs à faire, ne plus distinguer l'important.

Qu'est-ce qu'on organise comme fête pour les 6 ans de Chimènou ?

Je leur dis quoi dans mes mails à mes clients ? Faut que je leur écrive mais je ne sais plus comment les prendre, je ne sens plus rien...

Qu'est-ce que j'amène comme dessert à midi ? Est-ce qu'on prend une babysitter pour ce soir, ou on y va avec les filles ?

Ai-je bien conscience de n'avoir qu'une seule vie ?
Que dois-je laisser mourir aujourd'hui, pour vivre davantage ?

[Heureusement, y'en a dans la famille qui ne se posent pas tant de questions !]

mercredi 13 février 2008

la graphologue

Supermoi

Il y a onze ans... J'habitais au Chili entre deux années d'études - je n'avais pas encore choisi de spécialisation pour la troisième année d'école, et j'étais tentée par la très sélective filière "entrepreneurs" ; très sélective, mais chaque année dans son pannel elle retenait un "humanitaire", et qu'étais-je censée faire au Chili si ce n'est une mission humanitaire dans une banlieue modeste ? Hé hé. En fait comme aujourd'hui je passais mes journées à papoter avec des copines de tous les âges, mais comme c'était en espagnol et à 14 000 km de chez moi ça avait l'air très aventureux.

Bref, je me suis fait envoyer un dossier d'inscription, plein de blabla à remplir sur les expériences qui prouvaient que j'étais taillée pour entreprendre, et il fallait aussi donner une lettre manuscrite.

Cette lettre, je m'en souviens, je l'ai rédigée un jour de grande forme - un jour où la vie était douce, les semelles de mes tongs portaient des petites ailes, c'était l'été, les membres de ma famille chilienne m'entouraient autour de la grande table du salon et chacun mettait son grain de sel... Et donc ce n'est pas moi, mais Supermoi qui ai écrit pour parler de ma motivation à entrer dans cette majeure HEC entrepreneurs. Motivée, je l'étais : Nico avait postulé et était pris ; et après un an à arpenter les rues de San Bernardo, à faire du stop, à apprendre la douceur, je n'avais pas du tout envie de retrouver un cursus livresque, j'avais besoin de concret.

Et lorsque deux mois plus tard, j'ai appris mon admission et ai reçu la transcription de mon analyse grapho (qui manifestement a beaucoup penché dans la balance), j'ai été assez surprise de lire un texte très juste... et à demi juste. La graphologue avait dégoté toutes mes qualités, enthousiasme, entregent, goût de l'aventure. Mais elle n'avait pas repéré l'angoisse, l'égotisme, la difficulté de voir grand, le désordre. Ca m'a sciée !

Mais ce que je voulais vous dire, c'est que probablement dans ce blog je reproduis un peu ma stratégie face à la graphologue, et que je vous donne à voir surtout la Christie qui a envie d'être admise et acceptée...

Bonne journée mes lou-loutes !

[Bon c'est bien gentil Supertramp (et Deezer) mais j'ai beau adorer cette chanson, j'en ai assez de me l'infliger et d'imaginer votre tête à chaque chargement de la page.. Alors exit Crime of the century !]

[Pff j'ai pris plein de photos à Dinard.. et celles que je publie comme par hasard ce sont celles de Nico ! M'énerve sui-la à faire des belles images...]

mardi 12 février 2008

Pierre

De_loin

Je pense souvent à toi. Tu n'avais que 16 ans et pour moi tu étais déjà un homme et par bien des aspects, un vieil homme, monsieur le garçon pâle mûri trop vite. Tu es mort voilà trois ans, un peu plus de trois ans, à ta messe d'enterrement on a lu des poèmes que tu avais écrits et je les ai trouvé décevants, j'aurais préféré Rimbault, ou Brel, ou même Supertramp et Crime of the century.

Je pense souvent à toi. Il y a bien longtemps que j'ai cessé de t'aimer et pourtant je t'aime encore, depuis toi j'ai connu d'autres amours qui chacun à leur manière ont été le premier, mais à côté de toi les autres hommes me semblent des garçons, beaux fragiles émouvants et loin de cette cassure que tu portais dans tes yeux.

Ta voix au téléphone m'encombrait comme une promesse non tenue, et aujourd'hui je ne sais toujours pas comment nous aurions pu nous rencontrer, tout ce que je sais est ce qu'il en reste de cet amour, ta photo devant mes yeux quand je travaille, ces musiques, le souffle de ta voix quand tu m'appelais Christie, et ton rire rauque, et tes vêtements noirs, et ta main ferme posée sur cette taille qui n'était pas la mienne.

[Depuis quelques jours je pense à cette phrase de mon ami Tlön, "Amour de jeunesse qui n'a pas su résister à la fuite du temps mais qui reste, semble-t-il, le plus grand." Ce n'est pas ce que je ressens, moi - je pense qu'un grand amour s'incarne dans tous les moments réellement partagés, ce ne peut être juste un rêve - et il faut que je lise ce livre dont il parle, Machenka.]

vendredi 08 février 2008

s'arracher

Parfois le soir quand sonne l'heure d'aller chercher les filles je suis soulagée d'abandonner mon rôle professionnel, laisser tomber un texte qui résiste (aaaah ces premières semaines avant qu'un livre ne "prenne" - acquière une densité, une articulation, et un ton qui plait à mon client tout en n'étant pas trop "écrit"...). Plonger plutôt mon nez dans leurs petits cous mollets, écouter le récits de leurs journées, mettre mes mains dans les coquillettes.

Mais la plupart du temps je trouve qu'il est trop tôt pour quitter mon travail. J'étais si bien lancée et je dois partir, y'a pas moyen de dépasser 18 h, personne n'ira les chercher à ma place... Et si moi j'ai envie de réfléchir encore, d'explorer mes idées, mes élans ? Mais il faut s'arracher du douillet confort d'une pensée qui avance pour affronter l'air vif et les exigences de mes monstrettes, les dessins du jour qui envahissent la maison, leur mauvaise humeur parfois, les manteaux jetés par terre, Maman MA GRENADINE !, et le recadrage en permanence, Comment on demande, Alma ton manteau, JE T'AI DEMANDE DE RAMASSER TON MANTEAU !

Cracotte

Brr. Richesse de cette schyzophrénie des femmes. Et fatigue. Je vais essayer de tirer le meilleur parti de ma journée de travail pour être prête, à 18 h ce soir, à endosser mes autres rôles de Christie.

jeudi 07 février 2008

KO

PopeyeoliveElle est passée où, cette fatigue grisounette qui ne m'a pas laissé respirer du mois de janvier ?

Envolée dans un éclat de soleil sur la Seine. Dissoute entre les pages d'un honnête polar (de ceux qui vous réveillent à 2 h du matin pour me laisser me rendormir à 4). Vaincue par l'air de la Sarthe, ses moutons, ses poneys, ses crèpes, et le chouchoutage de mes amis. Piétinée par les jours qui rallongent, par le bleu du ciel entre chien et loup quand je vais chercher les filles. Ratatinée par la reprise de la méditation, la cure d'agrumes, la conviction qui peu à peu prend corps, que non seulement je suis responsable de mon bonheur, mais je suis capable de me rendre heureuse (bien aidée de ceux qui m'entourent hein ! ne me lâchez pas...) Evaporée dans le succès de certaines entreprises (ma newsletter, les relations mieux cadrées avec mes clients, un new me professionnel qui se déguise avec des vestes, des colliers et des talons). Emiettée par ces projets qui se mettent à marcher, le voyage en Thaïlande, les livres avec mes clients and co, et deux-trois projets futiles ou importants qui viennent de naître... Applatie par la perspective de 3 jours à Dinard (VOIR LA MEEEEEER !).

Terrassée par la certitude que je vais dans la bonne direction - il y a des tonnes d'aménagements à faire, mais je vais m'en sortir, en expérimentant, lisant, discutant, en tatônnant...

Ben tant mieux !

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décembre 2008

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