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  • Les livres que vous trouvez dans cette colonne (ainsi que tous les services ou produits dont je parle ici), je les apprécie particulièrement et vous les recommande comme je le ferais à un ami. Vous songez à les acquérir ? Amazon.fr offre des prix intéressants ainsi qu'un service efficace. Si vous utilisez un des liens sur mon site avant d'ajouter l'article à votre panier, il ne vous en coûtera pas un sou de plus, et les sites me remettront entre 5 et 8% de la transaction en remerciement de ma référence... ce qui me permet de m'acheter de nouveaux livres, disques, le bonheur quoi !

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mercredi 30 avril 2008

vers Plume de vie 2

Caminando_se_ven_las_cosas

En ce moment y'a des gens qui s'inquiètent. Pour moi. "ça va ?" "ben oui.." et 5 minutes plus tard, "tu es sûre que ça va ?"

"quand vous m'avez annoncé votre décision [d'arrêter d'écrire un livre pour lui, ndla], j'ai eu peur qu'il vous soit arrivé quelque chose de très grave ; ça n'est tellement pas votre genre.."

"ma chérie, tu ne peux pas tout envoyer balader comme ça.." "ben si" (Ben non en fait...)

Je suis peinée de dérouter ceux que j'aime, et heureuse de les surprendre.

Car voilà ; je suis en train d'essayer de changer de métier. Je ne sais pas ce que je vais faire, mais je ne développe plus l'activité "écriture de livres pour les autres". Je tatonne. Je regarde tout ce que j'ai aimé faire pendant 7 ans, tout ce que que j'ai envié à mes clients, mes amis ; et tout ce que je ne veux plus faire (ou être). Je tâte le terrain de mes envies, des compétences à acquérir, des produits et services pour lesquels mes clients (=les indépendants et patrons de PME, ça je l'ai bien en tête) seraient prêts à me payer.

Vertigineuse expérience que de laisser tomber une peau ; comme un serpent après la mue, je me sens toute jaune, toute nue, pas jolie-jolie : c'était tellement confortable de pouvoir dire "Christie, accoucheuse de livres pour les autres".

Sauf que je devenais un peu grise, et moi j'ai envie de flamboyer ; d'apporter d'avantage ; de continuer à travailler avec mes clients chéris une fois qu'on a réussi un premier projet ; de mener des projets plus courts, moins coûteux pour moi (ça ne veut pas dire moins engageants hein !) ; et de m'aider moi-même à accoucher de mes propres livres. Et aussi, travailler en équipe avec des personnes INS-PI-RANTES. Tout en gagnant ma vie, ça va sans dire ! (et là la petite voix borisvianesque me chuchotte "mais ma vie je n'ai pas besoin de la gagner, je l'ai.." tss tss tais toi Boristie.)

Je ne sais plus qui je suis ; mais je vais trouver.

Bon c'était pour vous dire. Du coup entre réfléchir, transmettre un "bébé" et terminer les autres, prospecter, rencontrer, et m'inspirer (et rempoter les plants de tomates et les fraisiers achetés au marché de Dinard), je n'arrête pas ! Et j'oscille entre grande joie et grande peur. 

Et vous la sentez, vous la sentez l'énergie et la vie qui se dégagent de ce wind of change ?

[Ma grand-mère, cette sainte femme qui ne perd pas le nord, m'a demandé hier "et alors, tu vas gagner plus d'argent ma chérie ?" "heu, oui, j'espère.." "bon, mais au moins tu as l'air de t'amuser, c'est déjà quelque chose !"]

mardi 29 avril 2008

feuille enroulée

Adoree

Chaque absence de mes filles préfigure l'immense, définitive absence ; la maison vide de leurs cris et de leur petit bordel. Et le sens, quel sens je trouverai à mes journées, à mes pas dans le grand espace déserté, une fois que mes petits auront quitté le nid ?

[Ne pas chercher à les retenir. Ne pas leur faire porter ce poids d'amour, c'est trop cher payer le fait de les avoir mises au monde. Alma qui vérifie presque chaque jour, "C'est vrai Maman ton ventre ne voulait pas nous laisser sortir et le docteur a dû prendre un couteau mais ça ne t'a pas fait mal ?", je me demande si j'ai eu raison de leur raconter cela. Et quel docteur m'aidera à anesthésier la vacuité de mon ventre-maison, moi qui suis atteinte du syndrôme du nid vide 10 ans à l'avance.

Apprendre l'accordéon
Replanter mes tomatiers
M'autoriser ce stage de catamaran
Rêver de ce grand voyage en Inde, au Pakistan

Allegria_2

Vivre, vivre pour moi, et ne pas demander à ceux que j'aime de me remplir !]

[Quelque chose de rassurant : je ne suis pas la seule à éprouver ces noeuds.]

[Autre chose qui n'a rien à voir. Vous me demandez souvent comment je fais ma médite. Alors je suis un peu gênée car je me sens naine en la matière ! La seule chose pour laquelle j'ai du mérite c'est ma ténacité, je la fais presque tous les matins peu de temps après le lever (quand je peux), ou quand les enfants sont partis.

Je choisis un coin inspirant (pour moi, la grande porte-fenêtre devant le balcon).

Je m'assieds en tailleur, ou pieds sur les genoux, ou dans la position de la feuille enroulée (qui ressemble à la posture d'adoration, pour ceux qui voient) : front contre terre, bras le long du corps et en arrière.
Je laisse mes pensées vagabonder ; puis je me pose mes trois questions, "merci" (pour quoi je rends grâce dans la journée d'hier ? qu'est-ce qui m'a rendu heureuse ?) ; "pardon" (qu'est-ce que j'ai mal fait, qu'est-ce que je veux améliorer  aujourd'hui) et "aujourd'hui" (quelle va être la couleur de ma journée, qu'est-ce que je veux faire aujourd'hui, quelle va être mon attitude.

Enfin, je choisis une intention pour la journée, "Emmène moi vers mon chemin de vie", ou "Tendresse et fluidité", ce matin c'était "être à l'écoute de ce que les autres ont à me dire" parce que j'ai trois rdv qui m'angoissent un peu,

et zou, je file vers ma journée !

Le tout à pris 5, 7 minutes... C'est pas beaucoup mais ça me fait du bien ! ça me calme, et me recentre sur ce que je veux être et faire. ]

Bonne journée !

lundi 28 avril 2008

une définition et un poême

C_est_moi

Cette semaine loin de tout (enfin, pas si loin...), j'ai cherché le sens (ma définition) d'un mot que j'emploie à toutes les sauces, devant un homme que j'aime, devant une ville dont j'ai la nostalgie, devant une nouvelle amie, devant les chemins verts de Saint Briac ; un mot qui dit aussi la femme que je veux être pour les autres, mon homme, mes enfants, mes amis, mes clients, vous.

Ce mot, c'est inspirant.

Et le sens que je lui donne, c'est "qui met en mouvement. qui donne envie d'y revenir. qui met en joie. qui provoque une nostalgie, un manque, quand il est loin de nous. même si on le porte en nous, anyway."

Et vous, c'est quoi la personne que vous voulez être ?

Gros bisous ! I'm happy to be back.

[J'ai retrouvé, dans un commentaire, ce poême offert par Marie-Pool il y a bien, bien longtemps.. Je le trouve toujours aussi beau et vous le transmet mes loups-louttes

Dans sa superbe dérive
La Vie n'exclut
Ni mouettes ni gouffres
Ni algues ni brisants

Elle produit fruits et ténèbres
Culbute les idoles
S'esquive et se proclame ailleurs

S'émerveillant du seul vivre
Elle va
Souveraine
Où il n'est pas d'enclos

Andrée Chédid, Territoires du Souffle]

samedi 19 avril 2008

je me souviens de mai 68

Cohn_benditje me souviens de ma mère enfermée dans sa chambre et qui avait fait le mur pour rejoindre les manifestants (de quel bord, j'ai un doute)

je me souviens de mon père, ce jeune homme mince à lunettes, mi-rieur mi-sérieux harangant la foule dans les amphis

je me souviens de mon grand-père traitant son futur gendre de dangeureux gauchiste

je me souviens de de Gaulle annonant, Je vous aiiiii compriiiiiis !

je me souviens des vieilles familles de France catastrophées de voir leur pays sens dessus dessous

je me souviens du bac qui avait été chamboulé cette année-là, ils l'avaient donné à tout le monde ou presqeu, en tout cas ma mère était très fière de dire "j'ai eu mon bac en 67"

je me souviens de toutes ces fois où j'ai calculé dans ma tête, devant quelqu'un d'un peu plus vieux Et lui il avait quel âge en 68 ?

je me souviens de ma grand-mère et ses boucles blondes dans son pavillon de banlieue, la maison de ses rêves qu'ils venaient enfin d'acheter ; mais elle n'en était pas moins seule de 8h30 à 20h30 - et le reste du temps, allez savoir...

je me souviens de ces soixante-huitards qui nous regardaient de haut en pensant Cette jeunesse-là, elle n'a pas de désir, et qu'est-ce qu'ils en savent ?

[Les filles Chruchill et moi partons quelques jours à Dinard.. quand je reviendrai, on sera presque en mai !]

[Photo Daniel Cohn-Bendit, prise par Gilles Caron]

jeudi 17 avril 2008

choses que j'ai envie d'apprendre

j'aimerais savoir courir une course longue
j'aimerais accroître mes notions d'horticulture et comprendre comment créer un paysage
j'aimerais savoir jouer de l'accordéon le soir au coin du feu, ou sur la plage, ou au bord de la Seine le samedi
j'aimerais savoir gagner de l'argent
et savoir terminer un livre, puis le laisser partir dans la nature, prendre le risque que d'autres se l'approrpient, voire ne l'aiment pas
j'aimerais apprendre l'italien
et la manière d'accompagner les autres sans les porter complètement, sans décider à leur place

voilà un programme qui me stimule.. d'ailleurs je serai en formation ces deux prochains jours, s'rait temps que je m'habille ! besitos..

[avant de partir une bonne onde pour vous : "va vers ton plaisir petit scarabée et ta journée sera ensoleillée !]

Chevaux_de_bois

mercredi 16 avril 2008

le vieux jardinier

Mes_crocus

J'ai un ami dont le père est un très vieux monsieur à la voix élégante, qui parle aussi bien que s'il écrivait sans que cela sente l'affectation (je tiens cela pour un grand miracle). "Ton père, je l'imagine régner seul dans une grande maison de campagne, perdue dans les herbes à une petite centaines de kilomètres de Paris.." "Tu as raison, il habitait autrefois une maison comme tu dis, mais à présent il ne peut plus jardiner et nous avons vendu la maison..."

Près de chez moi, il y a un passage par lequel j'aime trabouler, à cause d'un joli jardin qui la borde, avec des rosiers, une glycine, et un mystérieux potager au fond. Aujourd'hui pour la première fois depuis 4 ans 1/2 (déjà !) qu'on habite dans le quartier, j'ai rencontré le jardinier (merci Churchill, je me lie avec 10 fois plus de gens depuis que je t'emmène 3 ou 4 fois par jour faire un tour de pâté).

C'est un très vieux monsieur d'à peu près 80 ans qui taillait ses rosiers grimpant de part et d'autre de la grille. Devant mon grand sourire il s'est écrié "Je me donne du mal, et ça vaut la peine si c'est pour recevoir le sourire d'une jeune femme !" Je lui ai raconté que je passe par là dès que je peux, mais il a l'air très sourd et n'a peut-être pas compris.

J'ai pensé à mon ami et à son père, et à leur jardin resté là bas, autour de la grande maison à une petite centaine de kilomètres de Paris. Je suis heureuse de vivre dans un monde peuplé (aussi) de jardiniers.

mardi 15 avril 2008

je sens

Hotel_triton

la cigarette sur mes vêtements
des picotements dans les yeux
la fatigue à l'idée de travailler
la morsure de paroles ravalées, l'embarras de quelques paroles de trop
la honte au souvenir de ma tentation en arrivant - passer la soirée dans les toilettes
le désir de ces visages neufs
la conscience d'un corps passant près du mien
la joie des élucubrations de comptoir
l'amour des contre-soirées dans la cuisine
mal au pied dans mes chaussures de filles

le froid d'un lendemain de soirée

[Je sens aussi poindre l'agacement de certains devant mes flous. Bon, une fois de temps en temps je revendique le droit à l'indétermination. Après tout, c'est ma vie.. Néanmoins, et c'est un peu préoccupant, ce blog arrive en 5ème position dans Google à la requête "mère dégénérée.."]

lundi 14 avril 2008

confrontation

Ne_pas_finir_comme_une_statue_de_seMe faire plus rare. Remarquer ce qui se passe quand je déroge au rythme d'un texte par jour : le désir s'émousse.

Découvert ce matin l'existence d'un recueil de poèmes d'Armand Robin, Ma vie sans moi. Je vais aller creuser ce que le poète a voulu mettre derrière ce titre ! Dans mon cas c'est assez clair, il célèbre l'absence au monde qu'est l'écriture, et la jubilation triste de la phrase qui jaillit, témoin aussi de la peur, peur de me confronter au monde. Quatre ans après l'avoir trouvé, je ne vois pas de titre qui me corresponde mieux, moi la printanière toujours prête à passer des giboulées à l'éclaircie miraculeuse.

Me faire plus rare dans l'écriture. L'accepter, cette confrontation, la rechercher, aller au devant sans bouclier mais forte de tout ce que je sais et curieuse du reste. Ou peut-être, forte de tout cet inconnu qui m'attend, qui me fait très très peur mais aussi, très envie.

[ô joie ; mes nouvelles chaussures achetées dans la boutique de mon amie Jennifer. Féminines, élégantes, 30 €, quand je les chausse je suis une nouvelle personne ! Eclipse, 9 rue Vavin 75006.. ]

[Tonalité de la semaine : maintenant que la compta est bouclée.. rattraper tout mon retard de "prod". Espèce de fuite en avant qui parfois m'angoisse, et parfois me stimule.

Je me suis remise à courir samedi en fin d'aprèm, c'était une bonne idée - longer la Seine sous le soleil rasant, traverser mon parc en fleurs, courir longtemps sans m'arrêter, tout cela m'a donné une confiance et une joie dingues !

Ne pas me laisser tomber durablement..

Et vous, comment ça se présente ?]

Un joli texte d'Henri Michaux trouvé chez Tita, résume assez bien mon état d'esprit.

vendredi 11 avril 2008

l'univers d'un enfant

Chimene_attend_un_doudou

Chimène était encore toute petite lorsque j'ai rencontré cette femme, Catherine ; elle avait arrêté son travail pour s'occuper davantage de son petit garçon adopté, et était en cours d'adoption d'un deuxième enfant. Cette amie, je ne l'ai connue que quelques mois (après elle a déménagé et j'ai perdu sa trace), m'a dit de nombreuses belles choses (ah ! les Catherine.. mes deux premières amies se sont appelées Catherine !) L'une de ces phrases qui m'a marquée, a été "Les enfants développent tout un univers, et je ne me lasse pas de découvrir celui de mon fils".

De temps en temps je prends la mesure du petit monde de Chimène. L'autre soir je lui lisais un chapitre de Fifi Brindacier qui a un petit singe.. et elle avait pris un petit singe en peluche qu'elle avait couché dans un lit, comme le singe de Fifi (en lui fabriquant un oreiller de papier et une couverture de kleenex). Et hier soir, en allant la reborder, j'ai découvert à côté d'elle un gros chien en peluche, avec un kleenex-pansement sur sa patte (maintenant on sait où ils passent tous nos kleenex !). Comme Churchillou.

Ce soir elle va dormir chez une amie. Je vais prendre le temps, tout le temps pour me plonger dans l'univers d'Alma, ma seconde, un peu mi-figue mi-raisin entre sa grande soeur qui pète le feu, et le chien dernier arrivé. Comme écrivait Lolotte, dur dur de donner à l'un sans que l'autre se sente lesé, très vite. "Tu es ma maman à MOI", me répète Alma cha deux ou trois fois par jour.

[Mariez-vous, qu'y disaient.. Non en fait c'est moi qui voulais !]

[Ayé, j'ai fini ma compta !]

jeudi 10 avril 2008

flash back

Petit_bulldozer C'était bon aujourd'hui de me retrouver avec ma Chimène.

Nous avons eu toutes les deux la sensation de revenir 3 ou 4 ans en arrière, Alma n'était pas encore née et Chimène restait souvent à la maison avec moi, trop malade ou contagieuse pour sa nounou. Ces journées à l'époque revenaient souvent, parfois un peu trop car Chimène a été beaucoup sujette à des angines et des otites, mais globalement nous les vivions déjà comme des cadeaux.. Cadeaux qui se sont raréfiés quand, après un tunel de 15 jours sans sortir, je suis allée voir mon docteur Chacha qui m'a fait découvrir l'homéopathie.. Et voilà, ma fille ne tombe presque plus malade. A moi la liberté.. mais terminées nos journées entre parenthèse.

Alors tant pis si l'otite qui se profilait ce matin "Maman j'ai mal aux oreilles !" a disparu dès que le verdict est tombé. Moi enfouie sous mes factures, Chimène à ses dessins et ses petits bricolages, avec une coupure pour le dej où un de mes amis nous a invitées au resto ("Dis donc Maman j'ai l'impression que tu l'aimes bien cet ami-là !" exit mes secrets lors des sick days !).. nous nous sommes accompagnées !

[Mais du coup ce soir, qu'est-ce que je fais ? allé, devinez.. Nico et moi, chacun à notre bout de Paris, on a le nez dans cette saleté de compta ! Mais on en voit le bout, plus que trois mois et les notes de frais..]

Je suis très heureuse cette semaine - j'accepte de vivre mes différents rôles, la résistance ne joue plus comme d'habitude et pouf, les choses avancent tranquillement sans trop de frottement - j'ai de nouvelles idées, j'arrête de me dire que je suis bonne à jeter à la poubelle, et c'est bon...

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