vers Plume de vie 2
En ce moment y'a des gens qui s'inquiètent. Pour moi. "ça va ?" "ben oui.." et 5 minutes plus tard, "tu es sûre que ça va ?"
"quand vous m'avez annoncé votre décision [d'arrêter d'écrire un livre pour lui, ndla], j'ai eu peur qu'il vous soit arrivé quelque chose de très grave ; ça n'est tellement pas votre genre.."
"ma chérie, tu ne peux pas tout envoyer balader comme ça.." "ben si" (Ben non en fait...)
Je suis peinée de dérouter ceux que j'aime, et heureuse de les surprendre.
Car voilà ; je suis en train d'essayer de changer de métier. Je ne sais pas ce que je vais faire, mais je ne développe plus l'activité "écriture de livres pour les autres". Je tatonne. Je regarde tout ce que j'ai aimé faire pendant 7 ans, tout ce que que j'ai envié à mes clients, mes amis ; et tout ce que je ne veux plus faire (ou être). Je tâte le terrain de mes envies, des compétences à acquérir, des produits et services pour lesquels mes clients (=les indépendants et patrons de PME, ça je l'ai bien en tête) seraient prêts à me payer.
Vertigineuse expérience que de laisser tomber une peau ; comme un serpent après la mue, je me sens toute jaune, toute nue, pas jolie-jolie : c'était tellement confortable de pouvoir dire "Christie, accoucheuse de livres pour les autres".
Sauf que je devenais un peu grise, et moi j'ai envie de flamboyer ; d'apporter d'avantage ; de continuer à travailler avec mes clients chéris une fois qu'on a réussi un premier projet ; de mener des projets plus courts, moins coûteux pour moi (ça ne veut pas dire moins engageants hein !) ; et de m'aider moi-même à accoucher de mes propres livres. Et aussi, travailler en équipe avec des personnes INS-PI-RANTES. Tout en gagnant ma vie, ça va sans dire ! (et là la petite voix borisvianesque me chuchotte "mais ma vie je n'ai pas besoin de la gagner, je l'ai.." tss tss tais toi Boristie.)
Je ne sais plus qui je suis ; mais je vais trouver.
Bon c'était pour vous dire. Du coup entre réfléchir, transmettre un "bébé" et terminer les autres, prospecter, rencontrer, et m'inspirer (et rempoter les plants de tomates et les fraisiers achetés au marché de Dinard), je n'arrête pas ! Et j'oscille entre grande joie et grande peur.
Et vous la sentez, vous la sentez l'énergie et la vie qui se dégagent de ce wind of change ?
[Ma grand-mère, cette sainte femme qui ne perd pas le nord, m'a demandé hier "et alors, tu vas gagner plus d'argent ma chérie ?" "heu, oui, j'espère.." "bon, mais au moins tu as l'air de t'amuser, c'est déjà quelque chose !"]

































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