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lundi 28 juillet 2008

Pierre au téléphone

Une nuit du milieu de novembre - LA période de l'année sans perspective ; tristesse, ennui, obscurité.

Frédéric et Marie, le frère et la sœur, nous avaient invités à un squat chez eux : espèce de soirée où l'on se rassemble entre copains, assis par terre dans la cuisine, et où on reste des heures à bavarder, décapsuler des bières et faire brûler des sucres sur une tasse de rhum bouillant.

Je n'avais rien de mieux à faire ce soir-là et j'avais supplié Maman de me laisser y aller (c'est-à-dire, merci la banlieue, de m'accompagner et venir me chercher "Mais pas après onze heures !" "Allé Maman, je serai encore la première à rentrer..." "C'est onze heures ou tu n'y vas pas.." "OK, OK.."). Et puis, il y aurait Pierre.... Je ne croyais plus qu'une histoire fut possible entre nous, et malgré cela mon cœur tressautait toujours lorsque j'entendais prononcer son nom.

Le squat réunissait les habituels ; Jocelyn, Hugues, Catherine, et puis des copains de Frédéric et Marie que je ne connaissais pas. Et mon Pierre, que je n'avais pas revu depuis juin. Il était encore plus pâle qu'alors ; et son sourire triste lorsqu'il m'accueillit me fit chavirer. "Bonjour, Christie" Oh ce sourire dans sa voix grave. "Comme je suis content de te voir !" "Moi aussi.... Tu survis ?" "C'est dur ; c'est dur. Elle me manque..."

Pierre avait été très amoureux d'une jeune fille de notre classe de l'année précédente, ils étaient sortis ensemble en formant un couple très magnétique, la blonde sensuelle avec le brun ténébreux, et puis à la fin de l'été elle l'avait quitté. "Mais toi aussi, tu me manques ! Que deviens-tu ?" Pour échapper au redoublement, Pierre avait été obligé de changer de bahut ; sa première littéraire, il l'effectuait dans une boîte à bac, tandis que moi, la bonne élève, je poursuivais mes années lycée dans notre établissement catho où je me morfondais au milieu des bourges.

Je ne me sentais pas davantage à ma place dans ce squat chez ces gens qui n'étaient même pas des amis. Je ne fume pas, je n'aime pas la bière et quand il faut parler... souvent, je ne sais pas quoi dire. Bien sûr il y avait Pierre, mais qu'avions-nous à partager, moi amoureuse de lui, lui amoureux d'une autre ? L'heure avançait et je savais que bientôt, Maman viendrait me chercher ; j'envisageais ce moment avec soulagement. En attendant, j'avais besoin de faire pipi.

En sortant des toilettes, je passai par un couloir qui n'était pas éclairé. "Christie." C'était Pierre. "Je ne t'ai pas donné beaucoup de nouvelles... Je suis super mal ; la rupture avec Émeline m'a dévasté. Mais j'ai beaucoup pensé à toi ; à la fraicheur de ton amitié, la tendresse de ton regard. Cela m'aide de savoir que nous sommes amis." J'étais heureuse qu'il fasse noir et qu'il ne puisse pas lire sur mon visage. Il fit alors quelque chose ; il prit ma main et la serra très fort. A ce moment, Maman sonna à la porte.

"Je dois y aller" murmurai-je. "Oh noooon.. s'il te plait ne me laisse pas tout seul.." "Mais t'es pas tout seul, y'a tous les autres..." "Les autres c'est pas pareil (il savait comment parler aux femmes l'animal). Tu ne peux pas te planquer ?" Pierre était le champion toutes catégories du mur de chez lui ; mais moi j'étais sage et je tenais à la relation de confiance que j'entretenais avec mes parents. "Non, j'y vais" lui dis-je à regret en faisant glisser ma main hors de la sienne.

"Salut Maman ! J'arrive..""Bonsoir Madame" "Bonsoir, Pierre.." Maman, comme moi, subissait le charme ombrageux de Pierre - tout en se méfiant comme la peste de l'emprise qu'il avait sur sa petite fille. "On y va ma grande ?" "Christie.. Attends.." Pierre me fourra un papier dans la main. "A bientôt.." Lorsqu'il me fit la bise, ses lèvres embrassèrent la commissure des miennes.

Une fois rentrées, Maman me proposa "Tu veux une tisane ?" "Oh non, merci Maman, je suis vraiment fatiguée.. Je vais aller me coucher." Enfermée dans ma chambre, je l'entendis se préparer pour la nuit... et je dépliai le petit mot de Pierre. C'était un numéro de téléphone, avec ces mots tracés de son écriture très fine, penchée vers la droite "Appelle-moi." J'attendis encore un peu, le temps qu'on n'entendit plus que le bruit des voitures au loin sur l'autoroute, ce bruit qui petite me rassurait lorsque je n'arrivais pas à dormir... Puis je sortis de ma chambre et me faufilais dans le bureau. "Allo Marie.. C'est moi, Christie.. ça va depuis tout à l'heure ? Est-ce que tu peux me passer Pierre ?"

Et c'est ainsi que j'ai passé une partie de la nuit à grelotter dans mon pyjama, pieds nus rassemblés sur la chaise du bureau de mon père, envoutée par la voix grave et désespérée de l'homme que j'aimais et qui ne le savait pas.

vendredi 25 juillet 2008

premières fois

Acheter des habits au Secours Catholique, et du linge de maison (à l'occasion du vidage de nos placards, récupérer les fonds d'armoires de vieilles maisons bretonnes, draps fleuris, draps de bain élimé, chemises de smoking, un vieil imper...)

Pêcher nos premières coques, hier à la faveur d'une marrée basse (bonheur de fouiller le sable-boue au milieu du ciel, des bateaux, (des bébés méduses mortes, beurk), des goélands et consorts qui slurp gobent des vers, et les filles qui patouillent)

Découvrir Saint Servan, son air d'Italie du nord, sa tranquillité pas touristique (demander à chaque ami croisé ici de nous présenter un lieu)

Préparer mes premières tomates farcies et des pas mauvaises en plus...

Courir pour avant le petit déj, profiter du premier soleil, terminer la course par un bain seule dans la mer

Admirer les premières brasses de Chimène sans bouée, sans se tenir au muret

Partir pour des expéditions dessin sur la plage où qui pleut

Décider de rester trois semaines, le gros de nos vacances, à être juste ensemble dans cette maison où je me suis tellement ennuyée petite et jeune fille. Depuis deux ans je ne m'ennuie plus.. Changer de regard sur les choses...

Bon il pleut dehors. Nico a récupéré une connexion à la maison. Les filles courent de partout, vaudrait mieux que j'y aille.. Gros bisous !

mercredi 23 juillet 2008

vide habité

Churchill qui boitille
Alma et son gros bouton rouge sur la joue
Chimène dans l'eau bleue de la piscine, qui souffle en essayant de sourire par dessus sa planche
Nico regarde le tour de France
Churchill se cogne dans les chaises avec sa collerette
Je sens le soleil sur ma peau
Chimène dessine une princesse, le crr crr du stylo sur la feuille
Alma me demande si la sienne est belle
L'odeur du café monte de la cuisine
Le vert autour de moi avec les tâches bleues des hortensias
C'est interdit mais c'est toléré
Les jambes blanches de Nicolas
Le granit sous mes fesses
Sa main autour de ma taille
Les lèches de Churchou par dessous sa collerette
Les contes de fées qu'on lit tous les soirs
Chimène tombe malade le lendemain du départ de sa copine
Alma se force à tousser pour avoir droit à du sirop elle aussi

Immergée dans l'eau du bain j'essaie de faire le vide

Pour le moment, ce sont de bonnes vacances.

lundi 21 juillet 2008

un moment jaune

J’ai toujours aimé l’éclat doré du soleil qui se couche sur le sable. Une plage entre 7 et 8 heures du soir, l’été : mon espace-temps préféré. L’heure à laquelle les gens plient leur drap de bain et remballent tout leur petit matériel ; ils remettent leurs vêtements, se contorsionnent pour enlever le maillot sans découvrir un bout de fesse, tentent de faire entrer leurs pieds dans leurs chaussures avec le minimum de grains de sable : bref, ils s’arrachent à la vie douce pour retourner vers leur litanie de « il faut ».

Moi aussi j’en ai des « il faut » - plus qu’il ne m’en faudrait... Mais les fins d’après-midis, l’été, sur la plage, je les étire.

[Je me souviens de mon chien qui ne voulait jamais quitter la plage et qui s’arrangeait régulièrement pour qu’on l’oublie, afin de gratter ½ heure de rab (le temps pour nous de remonter à la maison, de le chercher partout puis de se frapper le front « mais qu’on est bête ! » et de redescendre à la plage où il nous attendait, assis face à la mer.) 

Je me souviens d’un retour vers la côte, sur le bateau de mon père. Le vent sur mon visage, les embruns, l’or du couchant sur l’eau… La joie de la vitesse, et d’être avec mes parents, mon frère, et de revenir vers cette île, la joie d’avoir chaud mais pas trop, la joie d’être vivante... ]

Sur une autre île… Il faisait très chaud cet été-là, étonnamment. C'était l’une des premières fois où j’emmenais un amoureux passer quelques jours dans la maison familiale. C'était bizarre d’ailleurs, les chambres séparées qui se terminait en chambre commune au milieu de la nuit, les regards soupçonneux de mes mère et grand-mère, l’envie d’intimité contredisant la nécessité d’une retenue, et Julien super bien élevé qui faisait l’admiration de tous...

Cet après-midi-là, mes cousines et mon oncle avaient pédalé comme des dératés vers la plage, moi j’avais pris mon temps et mon amoureux, avec la mob, nous attendait à chaque carrefour en essayant de ne pas se perdre. Nous nous dirigions vers l’une de nos plages préférées, celle à laquelle on accède par un village enchevêtré et une immense pente-prairie sur laquelle paissent des chevaux - dans cette île, le plaisir d’aller à la plage tient au moins pour moitié dans la beauté de l’arrivée. Nous avons attaché nos vélos les uns aux autres, dévalé la prairie verte et rose et posé nos affaires aux pieds des dunes ; mes cousines se sont alors mises à courir vers la mer et ont plongé direct dans l’eau à 17 ° ; mon oncle et moi, plus circonspects, sommes entrés dans l’eau à nos rythmes de frileux ; mon amoureux, lui, refusait de se baigner à moins de 25 °.
Sortis de l’eau… mes cousines ont recommencé à courir comme des Marie-José Perrec « comme ça on n’a même pas froid ! » sur la plage et sur les dunes et sur la prairie tout autour ; mon oncle a enfilé un chandail; et moi, j’ai couru m’enrouler dans ma serviette et me pelotonner contre Julien « Hmm, t’es toute mouillée ! Allé, viens là…. » Genoux emmêlés, bustes collés, mes mains sous ses aisselles, son souffle dans mon cou, il m’a fallu une bonne demi-heure avant de retrouver un peu de chaleur ; puis je crois que nous nous sommes endormis. 

Ce soleil doux sur nos peaux. Le flux et le reflux de la mer. Le bonheur d’être tenue par le garçon aimé. Sur le sable, le bruit feutré des pas des gens qui rentrent chez eux…

« He ho, on part ! Vous venez ?» (Julien et moi étions bien réveillés à présent. Nous nous regardions dans les yeux avec une intensité que je n’avais jamais connue auparavant. Pas question d’interrompre ce moment). 

« Allé les amoureux. Bon Chris, ça fait vingt minutes qu’on t’attend. » (Merde, c'est moi qui ai les clés de l’antivol. Tant pis, je ne bouge pas).

« Bon, je fouille dans la poche de ton short… ça y est, je l’ai trouvée. On va laisser ton vélo sans antivol hein, pour 10 minutes… »

Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés à nous regarder. Un frisson nous a tirés de notre monde à deux. Le soleil était tombé dans la mer et ça allait bientôt être l’heure de dîner.

En mangeant nos pâtes à la ficelle dans la grande salle-à-manger, j’ai rendu des regards rêveurs aux œillades goguenardes de mes cousines. 

 

[Coucou les chéris-doux ! désolée pour le zéro photo, j'aime pas les tunnels sans image sur le blog mais du café internet c'est pas très pratique.. Il ne me reste plus que demain pour bosser, et après VACANCES (de clients) pour au moins une semaine. Parce que hein.

Chimène sait presque nager, Alma ne fait plus la sieste, Churchill se remet de son opération et Nico et moi, on est assez joyeux ma foi..

Je vous fais de gros gros baisers ! Et je pense à ceux qui font leurs valises, à celles qui travaillent encore, à ceux qui ne travaillent plus et que ça soucie, à celles qui se font faire des piqures, à ceux qui lisent à l'ombre d'un grand chapeau de paille, et à tous ceux qui passent par ici..]

samedi 12 juillet 2008

un jour d’été (la lettre)

Juillet de mes quatorze ans. J’étais à peine sortie de l’excitation puis des déchirements de juin – après le BEPC, vider les lieux et regarder une dernière fois tous ces visages croisés chaque jour depuis quatre ans ; les dernières boom tant espérées, et puis… rien ne se passe vraiment.. Juillet était arrivé dans sa torpeur, les longues journées sans but, en attendant le grand départ aux alentours du 20.  Heureusement, Juliette ma grande amie n’était pas partie non plus et nous nous retrouvions presque tous les après-midis pour un plouf dans la piscine ou une balade dans les champs.

Mais le premier événement du jour (après le merveilleux bol de pêches dans du fromage blanc) était l’arrivée du facteur, dont je guettais chaque matin l’apparition par la fenêtre de la cuisine. Franchement je ne vois pas qui aurait pu m’écrire une lettre époustouflante, et malgré cela j’attendais, j’espérais l’enveloppe à mon nom tracé d’une écriture inconnue… Dans les meilleurs jours, j’accueillais avec une moue déçue l’écriture Sacré Cœur de ma tante Louise ; je déchiffrais à grand peine ses mots penchés vers la droite qui remplissaient intégralement le dos de la carte (représentant le détail d’un vitrail) ; mais je souriais avec tendresse en lisant qu’elle me recommandait à la Sainte Famille ainsi que tous ceux que tu aimes.

Mais j’exagère ; cette année-là en effet, je n’eus pas à attendre très longtemps l’enveloppe lettre épaisse et mystérieuse que j’appelais de mes vœux. Le 9 juillet, quelle ne fut pas ma joie quand une enveloppe de ce type, pour moi, me sauta aux yeux dans la boîte aux lettres. Qui c'est qui c'est qui c'est qui c'est ?!? Je décachetais (déchiquetais) l’enveloppe en remontant l’escalier, me préparant à être déçue par mesure de précaution (c'était probablement une copine oubliée…)

La lettre était signée « Christophe ». Ben zut je ne connais pas de Christophe ! Je vérifie sur l’enveloppe, bon c'est bien à moi qu’elle s’adresse… Alors qu’est-ce qu’il me veut ce Christophe ?

Cela fait longtemps que je te regarde vivre… Tu ne me connais pas mais tu me connais, ma famille appartient, comme la tienne, au groupe de jumelage avec Daaden… Tu es si belle, petite femme-enfant… Je voudrais être avec toi, en toi… Ecris-moi, réponds-moi je t’en supplie !

Christophe. Je situais très bien le grand garçon maigre au visage anguleux dévoré par deux yeux noirs brûlants. C'est vrai que je l’avais croisé deux ou trois fois dans le quartier ces derniers jours, sans y prêter plus d’attention que cela ; je savais qu’il habitait à l’autre bout de la ville mais il aurait très bien pu aller faire un jeu de rôle chez un copain… Son regard cependant m’avait pesé, comme s’il formulait une demande que je n’étais pas en mesure de satisfaire.

C'est le Je voudrais être avec toi, en toi qui me décida à poser la lettre dans le vide ordures. Ce désir émanant d'un inconnu était trop lourd pour mes quatorze ans.

Juliette, à qui je rapportais immédiatement la grande nouvelle, me dit d’un ton blasé : « ça doit être un canular. Qui s’intéresserait à toi, petit chat écorché ? »

[Coucou les chéries-chéris ! temps breton à Dinard (pluie / soleil / orage / nuages / soleil / plage) et je suis contente de livrer ma nouvelle du jour ! Gros bisous. Tout va bien pour vous ? ]

jeudi 10 juillet 2008

avec Chimène

Les_questions

L'autre jour, c'était un dimanche et j'avais passé une vraiment bonne journée. Nous étions à la campagne chez des amis, et en plus du plaisir de partager un bon moment avec eux, le matin j'avais couru à travers champs et villages, et l'après-midi j'avais cueilli des cerises avec Chimène sur un arbre au bord du chemin.

Le soir venu, au moment de border ma petite fille, je lui murmure - "Tu sais j'ai passé une belle journée..." je voulais évidemment faire allusion à la cueilliette toutes les deux. - "Ah oui Maman, tu as couru et ça t'a fait plaisir !"

J'étais scotchée. Désemparée d'avoir imprimé dans la tête de ma fille que les meilleurs moments de ma vie, c'était sans elle.

Puis je me suis mise à réfléchir : à la conquête que ça représente, pour une maman d'enfants jeunes, de prendre du temps pour soi... Et que ça y est, ces plages de temps elles m'étaient acquises ou presque (même si j'ai conscience que je dois les protéger). Maintenant que j'ai posé mon temps libre, l'étape d'après est de chercher des activités ressourçantes pour moi, à faire avec l'un ou l'autre de mes enfants (et parfois les deux).

Ca ne vous étonnera pas si je vous dis que j'en ai déjà trouvé quelques unes...

Et vous comment vous vous ressourcez avec vos enfants ?

Mes chéris-chéris, je vous souhaite de bonnes vacances, remplies de goulées d'amour de vos amours !

[En regardant la tête de mon blog, je réalise que, sans l'avoir décidé, les quatre derniers billets forme une mosaïque de notre famille (et Churchou n'est pas loin derrière). Quatre individualités unies par un amour funambule ; je pose l'intention que nous saurons nous retrouver deux à deux, trois à trois, et tous les quatre, pendant l'été.]

mercredi 09 juillet 2008

désintox ?

Drole_de_teteHou ben hier et ce matin je me suis sentie très perdue sans ma connexion internette.

Comment je cherche un numéro de téléphone hein ? et comment je regarde qui m'a écrit un mail ? et comment j'espionne les réactions des 191 personnes sur le blog, pardon, l'ex-blog de mon homme ? Et comment je m'échappe de la cuisine quand les filloutes me font la peau à coups de cris ? Et pour qui j'écris des histoires ? ben du coup j'en n'écris pas tiens.

Hou la la. Et voilà l'été et l'été normalement l'été j'internette pas. C'est que je pars en vacances demain moi ! (Avec les filles, donc. Nico nous rejoint la semaine prochaine, mais ça va surtout être les filles et moi. Et à voir comment elles me challengent en ce moment, pour rester polie, c'est peu dire que j'appréhende.)

L'héroïne de ce blog va-t-elle déroger à ses principes ou va-t-elle tenter de se connecter pendant l'été ?

(Mais on s'en fout ! Et probablement, je vais venir poster mes histoires par ci par là : deux par semaine elle a dit la dame (moi, toujours moi.. vivement que je bosse en équipe !). Cette semaine il n'y en a pas mais je suis perturbée par mes histoires (de ma vie actuelle) et cela vérifie mon adage : j'ai besoin d'espace mental pour écrire). Le reste du temps, quand je ne filerai pas en douce au café internet du coin, j'ai assez envie de courir un jour sur deux et de yoguer sur la plage et de construire des cabanes dans le jardin et de me ressourcer avec mes douces. Si elles veulent bien être douces.)

Gros bisous ! A trèèès bientôt (genre, tout à l'heure). Moi j'arrête pas (de bloguer) (même si j'y ai pensé ; pour moi, c'était aussi une aventure de couple ce blog. MAIS PAS QUE bien sûr ! Y'a pas que les fesses dans la vie, y'a aussi le sexe - pour me remonter le moral hier, j'ai commencé un nouveau cahier pour les vacances (l'ancien était fini) et sur ce cahier, une page dédiée à une collection de phrases qui me font marrer. Celle-ci est la numéro deux, après "Te tues pas, tu vas te faire mal" et avant la numéro 3 que j'ose pas écrire).

mardi 08 juillet 2008

mourning / celebrating

Faut_pas_l_embeterJe me souviens du jour où tu m'as dit "j'ai envie d'ouvrir un carnet sur internet pour partager mes idées sur la politique" et ça a donné ça

Je me souviens du jour où tu m'as dit "tu pourrais t'y mettre toi aussi", j'ai répondu "ça va pas la tête", et ça a donné ça (puis ça)

Je me souviens quand tu as dit "j'ai envie de réunir différents professionnels, des qui sont contre et des qui sont pour, et nous donnerions notre éclairage" et ça a donné
ça

Je me souviens du jour où tu m'as dit "j'ai envie d'organiser un rendez-vous réel entre tous les blogueurs et commentateurs de blogs intéressés par la politique" et ça a donné ça

Je me souviens du jour où on a reçu la poussette Stokke ; tu étais excité comme une puce et tu as eu l'idée de proposer à la marque de prolonger l'opération de seeding dans un blog ; ils n'ont pas voulu finalement, mais tu as créé ça.

Je me souviens de mon impatience et de mon émotion à la lecture de ton portrait dans le Monde.. Sur la photo, derrière toi il y avait le mobile de coquillages qu'on a fabriqués tous les trois avec Chimène.

Versac s'arrête pour le moment. Je suis à la fois un peu triste et heureuse de célébrer tout ce que la blogosphère nous a amené depuis 5 ans.

lundi 07 juillet 2008

choses qui étaient prévues et choses qui se sont finalement produites

Mon_intense Ce week-end, nous avions prévu de

* dîner avec des amis vendredi (on a bien dîné avec eux et en plus, une copine est venue se joindre à nous pour l'apéro)
* ranger la maison samedi, puis partir pique-niquer au bord de la Seine (finalement, on a plutôt dérangé et on est allé goûter dans le jardin merveilleux de Lolotte)
* je devais courir avec une amie dimanche matin (en fait j'ai jardiné avec les filles, en fait j'ai couru seule sur les bords de la Seine à la tombée de la nuit)
* faire une grande ballade tous les 4 dans Paris (eh bien, nous avons décidé d'accompagner la petite famille de mon frère dans les bois et c'était génial !)

J'aime quand la vie prend le dessus sur les plans.

Nico a passé le week-end à jouer avec son nouvel objectif d'appareil photo. Le résultat me plait beaucoup !
Alma a jeté toutes ses tétines à la poubelle (j'en ai sauvé une au passage). Et cette nuit, la fée des tétines est venue lui apporter un porte-bébé pour sa poupée.
Quant à moi, youpi, je recommence à écrire sur la fée du balcon. La raison en est, que j'étais triste de le délaisser et aussi que j'ai plus de mal à écrire sur maviesansmoi en ce moment : la fiction, j'y prends goût... En revanche, ma relation avec mon balcon est très vivante ; en rendre compte me parait authentique.
Chimenette n'a pas d'actualité particulière, ce qui la rend un peu triste je crois. Ma jolie louloute...

Mes chéris-chéries.. Je vous souhaite une bonne journée pleine d'heureux accidents.

vendredi 04 juillet 2008

Emmanuel dans le ciel (une histoire pour Lou)

Noir_et_blanc

Tout à l'heure j'ai inventé une histoire pour mon amie Lou ; ses yeux ont tellement brillé que j'ai eu envie de la retranscrire pour elle, pour vous - surtout pour moi en fait.

L'autre soir je me suis couchée vers 10 heures. Nico avait une soirée avec ses potes et moi, j'avais prévu de me lever aux horreurs pour travailler le lendemain - et puis de temps en temps, j'aime bien me coucher tôt avec un livre. J'ai donc pris mon Femmes qui courent et je méditais sur sur son idée de recréation... et je me suis endormie en moins de deux.

J'aime les soirs d'été. La chaleur me permet de laisser la porte-fenêtre de notre chambre ouverte, elle donne sur le balcon et j'ai l'impression de dormir au milieu des bambous et des capucines...

Je dormais depuis cinq minutes (la nuit n'était pas encore complètement tombée) quand je sentis quelque chose sur mon lit. "Churchill, dégage", marmonnais-je. "Hé, mais qui êtes-vous ?!!", m'écriais-je, complètement réveillée, à la vue du garçon assis en tailleur sur mon lit. Je ne savais pas dire s'il était un adolescent ou un homme ; entre les deux, disons. Ce qui est certain, c'est qu'il ne m'inspirait pas la moindre crainte. Déjà il était pieds nus ; et puis il portait une chemisette en liberty jaune et vert et un corsaire de soie verte ; ce qui était frappant chez lui, c'était la douceur de ses yeux bruns bordés de looooongs cils ; mais aussi la soie de ses cheveux châtains ; ou encore sa peau mate ; pas besoin de te faire un dessin, il était très beau.

"Comment êtes-vous arrivé jusqu'ici ?" lui demandais-je. "Vous avez escaladé les trois étages ?"
"Bonjour.. Je m'appelle Emmanuel. Et non, je ne suis pas arrivé en escaladant mais... en volant !"
Ce qui est bizarre, c'est que je l'ai cru.
"Tu veux que je t'emmène ?"
Ce qui est bien c'est que je portais ma nouvelle chemise de nuit, celle qui ressemble à une chemise de grand-père.
" OK, chouette. On va où ?"
"On verra bien !" Et là il me fit un sourire incroyable ; un sourire à la fois timide et ravi, mais qui qui découvrait toutes ses dents.

Emmanuel et moi sommes sortis sur le balcon, nous avons poussé deux-trois pots pour accéder à la balustrade, puis nous avons grimpé dessus et de là, main dans la main, nous nous sommes élancés dans le ciel. Mon coeur battait très fort, mais le contact de sa paume était légèrement moite.. confiant..

Que Paris était beau dans ses habits de lumière ! Tout scintillant, tout léger de l'air qui se rafraichit avec la nuit ; un vrai Paris de fête.. Nous avons pris de l'altitude, "Tu n'as pas froid ?" m'a crié Emmanuel ? "Ca va ! Je suis super contente !" "Alors je t'emmène voir les montagnes !"

En un quart d'heure ou deux nous avons traversé la France. Il faisait complètement nuit à présent, une nuit sans lune mais pleine d'étoile, et tout à coup je l'ai vue scintiller : la neige en haut d'un sommet. Quand nous avons été suffisamment proche de cette montagne en forme de dent de lait, Peter, je veux dire, Emmanuel, s'est baissé et a ramassé une grosse poignée de neige : "C'est pour toi !" brr c'est froid ! "Emmanuel, c'est génial, c'est génial génial génial ! Hou mais quelle heure est-il, quoi déjà minuit ? Tu sais j'aimerais bien être rentrée quand Nicolas reviendra, je ne voudrais pas qu'il s'inquiète..."

Sur le chemin du retour, j'ai osé lui demander "Tu crois que j'y arriverais ? Je veux dire, à voler toute seule ?" Et là Emmanuel a lâché ma main. Et je ne me suis pas écrasée au sol mais j'ai continué à planer à côté de lui, entre l'air infini et les pâturages que je devinais au sol, au milieu des montagnes noires qui nous protègeaient. "Wahou !"nous sommes-nous écriés. "Wahouuuuuuuuuu !"

J'ai volé toute seule. Moi. C'était possible.

Emmanuel a volé à côté de moi jusqu'à la maison, tantôt en me tenant la main, tantôt en me la lâchant. Nous nous sommes posés sur le balcon à peu près en douceur pour lui, les quatre fers en l'air pour moi.. Puis il m'a suivie dans la chambre et m'a proposé : "Tu veux que je te borde ?" "Oh oui, j'adorerais ! " Alors il s'est assis à mon chevet. Il a remonté le drap jusqu'au menton puis a déposé un baiser à la comissure de mes lèvres. Ensuite il est sorti sur le balcon, je crois bien qu'il est reparti par les airs.

Et tu veux savoir ce que j'ai fait moi ? Dès qu'il a été parti, je me suis relevée darre darre. J'ai mis la neige dans un bol, j'ai sorti le tube de lait concentré sucré, j'en ai mis un gros chloups dans la neige et j'ai mangé ma glace dans le noir en écoutant les accents de jazz qui venaient du restaurant d'en face. 

Ma Photo

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