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lundi 26 mai 2008

le mystère et la puissance

Les_temps_qui_changent

Hier soir j'ai eu la grande joie de revoir, avec Nico qui ne l'avait pas vu, ce superbe film de Téchiné Les temps qui changent. Je ne sais pas si lui a pu savourer le film, d'abord parce qu'il cherchait sur son ordi des références de télé (la nôtre a 25 ans, elle marche toujours très bien, mais tant pis on la remplace par une plus grande, plus belle, plus plate et équipée d'un boîtier TNT pour ne pas rater ça), et ensuite parce que toutes les deux minutes je m'exclamais Regarde sa main regarde comme il tremble ohh cette scène des chiens je l'avais oubliée mais qu'il est sublime, qu'il est subliiiiiime !

Rien que d'évoquer Depardieu caché derrière son pot de fleurs, ou Deneuve qui hésite à se déshabiller, je tremble.

Mystère et pudeur, et dureté et intensité retenue de Catherine Deneuve. Et son regard sur sa jeunesse enfuie..
Fragilité et dérision et passion de Gérard Depardieu, pour moi c'est son plus beau rôle depuis Cyrano.
Et Gilbert Melki qui se perd dans sa fausse légèreté.
Et les personnages de Nadia et Samy, leur relation. Et le désir sexuel source de vie surtout quand il s'approche de la mort.
Et le rôle du lieu, Tanger, frontière tragique vers l'Europe, ajoute au drame de l'action.

J'adore ce film, pour moi tout y est, je palpite à chaque seconde. Je crois en tous les personnages, même et surtout quand ils sont grandiloquents ou ridicules.

J'ai beaucoup aimé aussi le dernier Desplechin, Un conte de Noël ; les dialogues, les personnages, l'intrigue, tout m'a ravi (et la perversité d'Amalric ; la sensualité de Chiara ; et encore une fois, le mystère de Deneuve... ah la la, que j'admire cette actrice de durer et de trouver des rôles à la mesure de son talent une fois sa prime beauté passée, d'imposer sa présence et sa puissance et de les rendre désirables ! Oui c'est de ce mystère et de cette puissance que je décide de m'inspirer cette semaine.) Et puis je vais revoir Sous le sable tiens, l'un de mes autres fétiches.

Bon lundi mes chéris !

[Photogramme Les temps qui changent, d'André Téchiné (2004)]

[La puissance est le troisième pied du trépied sur lequel je vais fonder "ma mission" de vie - bah oui c'est pompeux mais faut bien se prendre au sérieux une fois de temps en temps ! ; car l'inspiration et l'amour ne peuvent pas grand chose s'ils ne sont pas portés par un souffle, une présence, un impact bref : une puissance.]

Hier c'était la fête des mères. Merci Bruno Frappat pour ce beau texte. Libé est plus grinçant mais drôle quand même. Et moi j'ai été super chouchoutée.   

dimanche 01 juillet 2007

les films d'amour

A une époque je ne voulais pas qu'on aie la télé à la maison - mon frère et moi avions été tellement intoxiqués que j'avais vis-à-vis d'elle la méfiance d'une ancienne alcoolique à l'égard d'une bouteille. Et puis mon père nous a apporté la vieille télé de mon enfance... c'était l'horreur, elle était dans notre chambre et quand Nico voulait regarder une émission tard le soir, ça m'empêchait de dormir. Et puis nous avons découvert Six Feet Under. Ont commencé les private jokes, les références à la série, les regards quand une situation nous rappelait un moment ou un personnage... Et cette série, puis les quelques autres qui ont suivi, le rire et l'émotion choisis, m'ont réconciliée avec la télé.

Grgoire_et_louis_2

Cette année j'ai découvert le bonheur de regarder des films d'amour à deux. Après Chatterley, Les chansons d'amour hier soir. Les acteurs beaux et justes, un scenario très fort et très fin, des situations émouvantes... Nous l'avons adoré tous les deux, et depuis nous chantons les chansons du film, nous nous posons des questions, et moi je me suis identifiée à Alice, le pont de toi à toi et Erwann, le breton qui sent le vent et la crêpe au citron. J'aime le paysage imaginaire et sentimental tissé grâce à ces films.

"petite garce, qui je préfère, tu le sais mieux que moi / je préfère que tu sois légère dans cette guerre à trois"
"aime moi moins, mais aime moi longtemps", écrivent Alex Baupain et Christophe Honoré

Chansons_damour_2

Allez voir ce film ! Beau, léger, douloureux, plein d'amour, à la fois féérique et réaliste.. J'ai envie de le revoir, déjà..

[Ouille ouille ouille, les filles sont parties à la montagne, je les retrouve vendredi, Paris est à nous et elles me manquent déjà !

Ouille ouille ouille, j'ai promis à Nico que j'allais ranger mon bureau ce soir.. et je ne sais pas par où commencer. Jeter un kleenex, rassembler les feuilles de la compta, allé, je me lance.

Bon début de semaine mes Loulous..]


mercredi 14 mars 2007

café du commerce

* Vivre dangeureusement : j'ai eu chaud ce matin.. une coupure d'eau était prévue, je me suis jetée sous la douche 5 minutes après l'heure annoncée, elle coulait à flot mais le jet s'est tari au beau milieu de mon shampoing.. je me suis rincée au goutte à goutte !

* Mauvais casting : pff, ça m'a énervée, j'ai beaucoup aimé le roman d'Anna Gavalda Ensemble c'est tout, et voilà qu'ils le montent au ciné... avec Audrey Tautou dans le rôle de Camille. Trahison. C'est comme José Garcia dans le rôle d'Adamsberg.
A quoi ils pensent les cinéastes quand ils nous cassent nos images des personnages ? Moi je la voyais blonde, Camille, et pas du tout Améliepoulinesque-boudeuse-niannian, plutôt comme Natacha Régnier ou Mélanie Thierry, enfin, blonde et complexe, pas brune et charmante. Tss.
(En revanche sortie aujourd'hui du film Angel, j'ai adoré le livre et l'histoire de cette odieuse nénétte dont tous les rêves se réalisent.. odieuse et pathétique dans son autisme.. impressionnant. Et j'adore François Ozon, ça promet héhé. Comme quoi à ses chouchous on leur passe tout.)

* Books : je lis deux livres top, en ce moment. Le premier, la honte, mais très, très positif l'impact de la pensée positive ; elle renouvelle le regard sur l'autre, sur soi, sur soi dans le couple... Wahouh !
Le deuxième mérite bien son prix Fémina. J'ai rencontré Nancy Houston au théâtre, elle est venue s'assoir à côté de moi à la comédie musicale Cabaret (géniale), et j'ai été tellement charmée par son accent, sa voix, son urbanité et ses petites jumelles, que le lendemain je me suis précipitée pour acheter son livre.. Bonne pioche !

* A part ça, tous mes copains sont dingues de notre disque El Perro del mar. Et moi j'adore suila aussi. Un peu déçue par le deuxième d'Arcade Fire (mais le premier est une merveille, un bijou de pop entraînante).

* Dwich : à part ça, fait beau, je vais aller lire mon La Croix (me suis abonnée, Alleluia) au parc avec un sandwich au pain frais, hou la la, ça va être dur d'attendre midi !

Lou

[A la limite, pour Camille, Lou Doilon.. sa violence, sa sensualité.. et cet oeil ! j'adore la photo qu'a prise Nicolas. C'est fou comme on ne voit pas les mêmes choses, quand on se balade..]

[Au fait, ampm est de retour après une journée d'absence, rapport à ce que Nico avait emmené l'appareil photo.. qui est le sien, faut pas l'oublier..]

Et vous sinon, la famille, les enfants ?.. 

mercredi 28 février 2007

davantage de tendresse

Oui Houbi, ce film attendrira le regard que je poserai sur les gens, pendant un ou deux jours - ou plus.

J'ai aimé la maladresse, la pudeur, les silences, le chemin parcouru par cet homme et cette femme - la justesse de la restitution des émotions, des sensations ; j'ai aimé leur communion avec la nature, la féminité de Constance, la rusticité virile et pudique de son homme.

Miracle d'un amour.

Constance'ai

J'ai été heureuse de partager ce film avec mon homme.
Moi aussi, pendant, après, encore maintenant, ça m'a rendue toute chose !

Après la projection, les gens ne se considéraient plus de la même manière ; ils se laissaient passer, se tenaient la porte, se regardaient en coin avec un voile de pudeur, rapprochés d'avoir vibré devant la même tendresse.

Miracle du cinéma. 

lundi 15 janvier 2007

le film Memoirs of a geisha,

Geisha_1 regardé samedi soir avec mon Papa, m'a appris deux choses

La première : peu importe le métier que l'on choisit, l'important est de trouver des clients solvables (et de se mettre au niveau du prix qu'on leur demande)

La seconde : il est possible de faire tomber un homme avec un seul regard bien aiguisé.

[A côté de ça, les images sont superbes, l'intrigue vous tient en haleine, le s femmes sont très belles, mystérieuses et pudiques orientales...]

mardi 18 avril 2006

ces fois où j'ai pleuré

Amours

* Le premier livre qui ma fait pleurer, à 8 ans, c'est Viou d'Henri Troyat, à la mort de son grand-père

* J'ai pleuré comme une madeleine à la fin de Broderback Mountain, quand le beau blond serre la chemise de son amour contre sa poitrine et qu'il réalise qu'il est seul pour toujours, qu'il a raté sa vie... L'impression de désespoir m'a poursuivie pendant plusieurs jours.

* A la fin de sur la route de Madison, oh la la, quand Clint Eastwood regarde Meryl dans le retroviseur et que la petite croix se balance, torrent de larmes

* L'autre jour Chimène m'a demandé de chanter le Requiem pour elle, j'ai mis le CD et me suis mise à entonner, mais j'avais la gorge trop nouée de chanter devant ma petite fille, tout est sorti en couacs

* J'ai été très émue il y a 10 jours en regardant le téléfilm sur l'avortement, avec Sandrine Bonnaire en mère-fille-mère et mère d'une jeune fille qui refuse de garder son enfant, et mère seule qui aide son petit à avorter... Quand elle plaide à son procès, face à des hommes, et qu'elle dit Je ne regrette qu'une chose, c'est d'avoir failli perdre ma fille, je me suis étranglée de sanglots et de vous l'écrire j'en ai encore les larmes aux yeux

* Ma dernière larmelette a été l'autre soir vers les minuit et demi, dans mon lit dinardais à côté de Nico endormi, lorsque Mazarine raconte la manière dont son enfant rêvé est mort.. pauvre loute, pauvre, pauvre fille-femme abandonnée par son père puis par son fils, dans la solitude de la mort contre laquelle les vivants ne peuvent rien.

lundi 30 janvier 2006

et vous ?

Nouvel_an_chinois_1 A l'an neuf, envie de neuf.

Nouveaux livres pour moi, nouveaux dixes pour nous, nouveaux dixes pour Chimènou, nouveaux blogs dans mon blogroll (cela ne veut pas dire que je me lasse des vieux hein !)

Vous me feriez partager vos récents éblouissements ?

Allé....

dimanche 22 janvier 2006

les visages

BrokebackJe n'avais pas pleuré devant un film depuis le final des Choristes. La honte, j'ai détesté ce film et la petite corde sur laquelle il a appuyé. Et j'ai détesté que ce catalogue de bons sentiments ait été le film plebiscité des Français.

C'est des Etats-Unis que me sont venus mes derniers émois cinématographiques. A history of violence, en novembre, et encore plus hier soir, avec cette histoire d'amour d'une vie, amour éprouvé à en hurler et qui pourtant se refuse, avec pour conséquence "le lent et vain écoulement de l'énergie vitale loin de l'être aimé" (c'est la phrase sublime de Louis Guichard, dans Télérama, qui m'a donné envie d'aller voir ce film).

Qui n'est pas une histoire d'amour homo mais l'histoire de la rencontre de deux âmes soeurs, qui se trouvent être des hommes ; en cela, je l'ai trouvée universelle (à l'inverse de la série The L World, mettant en scène des lesbiennes et dans laquelle je m'étais sentie exclue).

Les visages de ces hommes ; Jack, viril et si féminin dans sa façon d'amener à lui Ennis, le "fruste" américain profond, tout en retenue, qui n'a pas le courage de vivre de vivre son destin. Je ne sais pas parler de ces deux hommes, de la brutalité et la douceur de leur désir, la puissance et l'impuissance de l'amour.

Et à la fin, il ne reste plus rien à Ennis qui a dit non à tout, qu'une chemise à étreindre, tout seul dans son trailer.

Et à moi, joues ruisselantes, la poche du caban de Nicolas où j'ai glissé ma main.

jeudi 15 décembre 2005

cette femme-là

Mam_et_les_girlsHier après-midi, j'avais promis d'emmener Chimène chez Mam pour qu'ensemble, elles construisent la crèche. Aller chercher Alma, prendre la voiture, charger les filles et le matos.. Tout ça la veille de mon concert, à deux heures de la répétition générale.

Elles ont installé les dix santons sur le papier défraichi, Alma a piqué sa crise de dents, Chimène a mis des miettes de gâteau partout, the usual. Et au moment de partir, devant la voiture, j'ai dit à Mam Et si tu m'accompagnais à la Générale ? Elle devait venir demain, enfin, aujourd'hui, au vrai concert, mais c'était pas pratique, qui allait l'emmener, y'aurait eu plein de monde, etc.

Zuip, ma vieille a filé chez elle, a attrapé son vison et sa canne, et en voiture Térèse.

Une heure plus tard, nous avons laissé les filles à Nico, bras dessus bras dessous comme deux collègiennes (en un peu moins alertes). 

C'était la seule invitée, le reste du public était des amis des vrais musiciens (l'orchestre, les solistes) ; avec son mètre 45, elle entre partout. Au début elle ne me voyait pas de là où elle était assise, alors je l'ai vue se lever, trottiner vers une autre place, me chercher du regard... je me contorsionnais en chantant Kyrie tralala, pour attirer son attention.. Un grand sourire.. Pi de temps en temps j'avais l'impression de la voir dodeliner..

Pendant la pause, j'ai couru vers elle et elle s'est exclamée Ta voix domine nettement ! Ils doivent être drôlement contents de t'avoir, dans le choeur.

L'amie à qui j'ai rapporté cet élan d'admiration a rigolé pendant 5 minutes.

[A part ça, ne vous pointez pas à Saint Sulpice ce soir, on joue à guichet fermé. Ca va être trop beau !]

lundi 05 décembre 2005

hiatus

SpectacleVendredi soir, dans un théâtre parisien. Rythme d'enfer d'un vaudeville, les acteurs entrent par une porte, sortent par une autre, s'emmèlent dans leurs mensonges.

Ma mère est assise à ma droite ; nous sommes au balcon, premier rang, les jambes pliées autour du velours rouge. Régulièrement, maman se penche et régulièrement, la dame de derrière lui tape sur l'épaule : "Restez comme vous étiez ! Je ne vois rien." L'envie de me lever et de lui dire son fait, à cette dame.

Le micmac bat son plein. Le personnage en aime deux, deux femmes, classique. Autour de nous, la salle jubile. Rires, éclats de rires.

Au milieu de cette joie, deux blocs de marbre, Maman et moi. On se regarde, un peu gênées, moi de l'avoir entraînée là, elle de ne pas rire à ma pièce... Et nous sommes solidaires, les deux pas drôles.

Ma Photo

novembre 2008

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